Disparition de Nui Teikiteepupuni: un modèle de citoyenneté polynésienne
C’est avec une profonde émotion et une grande tristesse que nous avons appris la disparition tragique de Nui Teikiteepupuni à Ua Huka (archipel des Marquises), écrit le haut-commissaire de la République en Polynésie française dans un message de condoléances.
Cette disparition bouleverse aujourd’hui les Marquises, mais également bien au-delà, tant la place qu’elle occupait dans la vie culturelle, éducative et citoyenne de la Polynésie française était singulière.
Enseignante, créatrice de contenus numériques, militante de la transmission culturelle et linguistique, Nui avait fait le choix de mettre son énergie, son talent et sa créativité au service de ce qu’elle considérait comme essentiel : transmettre, expliquer, partager et faire vivre la culture marquisienne auprès du plus grand nombre.
Par ses publications, ses vidéos et ses prises de parole, elle avait su faire des outils numériques un espace de rencontre entre les générations, entre les savoirs hérités des anciens et les pratiques contemporaines de la jeunesse. Elle contribuait ainsi à faire vivre la langue marquisienne, à en révéler la richesse, la beauté et l’actualité, démontrant chaque jour qu’une langue n’est pas seulement la mémoire d’un peuple mais également l’une des conditions de son avenir.
Cette volonté de transmission trouvait naturellement son prolongement dans son engagement d’enseignante. Car enseigner, c’est croire en la capacité de chacun à grandir, à comprendre et à trouver sa place dans le monde. C’est un acte de confiance. Nui avait fait de cette confiance un engagement de vie.
Mais son action ne se limitait pas à la préservation et à la valorisation de la culture marquisienne. Elle portait également une parole citoyenne, libre et sincère, attentive à celles et ceux qui peinent parfois à être entendus. Son engagement personnel en faveur du respect de chacun, de la lutte contre les discriminations et de la reconnaissance de toutes les dignités témoignait d’une même exigence de justice, d’écoute et d’humanité.
Il nous faut collectivement reconnaître dans ce parcours une expression exemplaire de la citoyenneté. Non parce qu’il aurait été exempt de débats — toute parole vivante nourrit la discussion — mais parce qu’il reposait sur la conviction profonde que chacun peut contribuer au bien commun, enrichir le dialogue collectif et participer à la construction d’une société plus ouverte, plus fraternelle et plus attentive aux autres.
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