Pour une Polynésie plus résiliente que jamais…
Lors de la séance d’ouverture de la session budgétaire 2026, ce jeudi 17 septembre à l’assemblée de la Polynésie française, le président du Pays, Moetai Brotherson, a prononcé une allocution – pour une fois structurée! – autour de trois annonces majeures ayant toutes une seule finalité: faire preuve d’une plus grande résilience face aux événements extérieurs.
Alors que le gouvernement et les élus à Tarahoi vont échanger dans les prochaines semaines sur l’élaboration du budget primitif 2027 de la collectivité, le chef de l’exécutif local a appelé la représentation territoriale à la responsabilité, conscient qu’il est de ne plus disposer d’une majorité forte pour agir avec seulement quinze représentants de A Fano Ti’a sur cinquante-sept.
Mais ce qui ressort plus que tout dans son discours, c’est que le pire est à venir! En cause, le contexte politique international qui bouleverse les économies mondiales. Et pas seulement, si l’on en juge la situation budgétaire de la France.
Aussi, pour Moetai Brotherson, il faut se préparer à une participation moindre des financements en provenance de l’Etat dans les années qui viennent. Rien que sur le 3ème Instrument financier (3IF), la Polynésie française aurait « perdu » depuis 2011 l’équivalent de 43% de son enveloppe en raison d’une stabilité des crédits alors que dans un même temps, le coût des travaux a littéralement explosé…
Raison de plus pour « retrouver des marges de liberté » et plus précisément, « ne plus dépendre d’aucun bailleur unique », a t-il dit. Dans ce cadre, le président Brotherson pense avoir la solution miracle: adhérer à la Banque asiatique de développement. C’est pourquoi, dans une première annonce, il a confirmé l’envoi d’un courrier au président de la République, Emmanuel Macron, pour que la Polynésie puisse officiellement adhérer à cette institution financière déjà bien implantée dans la région. Au risque de placer nos îles sous influence chinoise comme c’est déjà le cas pour certains états indépendants du Pacifique.
Plus déterminé que jamais à préparer nos îles à la survenance d’un « super El Nino », réaffirmant par ailleurs que l’arrivée de Google va permettre de ne plus dépendre d’un câble unique, Moetai Brotherson souhaite également la création d’un « Fonds de résilience et de stabilisation des prix ». Pour quel type de produits ? L’orateur n’e pas souhaité en dire davantage…
Sur le volet plus politique, on a entendu un président somme toute revigoré. Pour ne pas dire, visiblement en campagne électorale dans la perspective des Territoriales 2028. Sinon, comment comprendre sa troisième annonce, celle d’instituer, à compter de mars 2027, une Conférence des archipels. Objectif affiché: mieux coordonner l’action du Pays et des communes. Une initiative déjà prise par l’ancien gouvernement Fritch mais uniquement dans le cadre des travaux du Schéma d’aménagement général (SAGE). Toujours est-il que pour l’intéressé, « contrôler le gouvernement, ce n’est pas gouverner à sa place! (…) Oui au compromis, non à la capitulation » A bon entendeur…
Enfin, dans un message subliminal adressé à Antony Géros, le président du Pays a appelé l’assemblée à faire preuve de davantage de solidarité, si d’aventure le besoin s’en faisait sentir dans les mois et années qui viennent. Et de rappeler qu’au cours des années passées, l’institution avait rendu au Pays la bagatelle de 1 milliard 500 millions de Fcfp. Compte tenu de ses réserves actuelles, elle en a encore la capacité…
Photo d’archives
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