Abolition de la peine capitale en France: « Rien n’est acquis! »
Le débat sur la peine capitale est encore présent en France quarante-cinq ans après son abolition.
Quarante-cinq ans après son abolition, la peine de mort revient dans le débat public. Et Emmanuel Macron met en garde contre ce retour, qu’il juge bien réel. Le président s’est exprimé ce mardi à Paris, lors du Congrès mondial contre la peine de mort, en insistant sur un message clair : la situation reste fragile.
« Rien n’est acquis », a-t-il martelé, estimant que ce combat demeure « éminemment contemporain ». Pour lui, l’abolition n’est pas définitivement ancrée dans les esprits et nécessite une vigilance constante face aux évolutions de l’opinion.
Un débat relancé par les faits divers
Dans son discours, Emmanuel Macron pointe une évolution inquiétante. « La bataille pour l’abolition (…) est éminemment contemporaine parce qu’aujourd’hui, dans nos sociétés, ce débat revient », a déclaré le chef de l’État. Il poursuit : « Parce qu’aujourd’hui, dans notre société, beaucoup se remettent à penser que la peine de mort serait une réponse dans une confusion et des principes et du langage ». Pour lui, cette résurgence intervient dans un contexte émotionnel marqué.
Une réponse « inefficace » selon le président
Face à ces positions, Emmanuel Macron rejette catégoriquement l’argument sécuritaire. « La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu’elle ne dissuade pas. C’est faux. Cela a été montré, observé, mesuré », affirme-t-il. Il insiste : « Elle n’a jamais eu la valeur dissuasive que certains pouvoirs, souvent autoritaires, qui la défendent, voudraient lui accorder ». Le chef de l’État replace ainsi le débat sur le terrain des faits plutôt que des perceptions.
Dans la foulée, il rappelle aussi la dimension morale du combat. « Beaucoup de gens font semblant de croire que (l’abolition) est une évidence », mais « les risques demeurent dans beaucoup de pays » et « rien n’est acquis », répète-t-il, qualifiant cette lutte d’« existentiel pour nos sociétés démocratiques ». Emmanuel Macron insiste sur le principe fondamental. « Quoi que l’un ou l’une d’entre nous ait pu faire, nous n’avons pas le pouvoir de lui nier cette appartenance à notre humanité », affirme-t-il, y voyant un « fondement de toutes nos sociétés démocratiques ».
Au-delà de la France, la peine capitale reste largement pratiquée. Si 114 États l’ont abolie, certains connaissent une « résurgence des exécutions, employées comme outils de répression politique, de contrôle social ou de réponse aux crises sécuritaires », souligne Isabelle Lonvis-Rome, ambassadrice française pour les droits de l’homme. Selon l’ONG Ensemble contre la peine de mort, la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Irak sont les pays ayant procédé au plus grand nombre d’exécutions en 2024. En Iran, au moins 1.639 personnes ont été exécutées en 2025, un niveau inédit depuis 1989.
source: Yahoo actualités
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