Gaston Flosse: « L’autonomie, c’est dépassé…allons plus loin! »

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C’est le message fort adressé ce lundi matin, en guise de voeu, par l’ancien président du Pays, Gaston Flosse – que d’aucuns considèrent comme le père de l’autonomie – lors de la cérémonie du 42ème anniversaire du statut de la Polynésie française.

Cette cérémonie s’est déroulée en présence d’une centaine de personnes réunies à la stèle de l’Autonomie, dans les jardins de Paofai, toutes attachées à ce cadre institutionnel qui permet à notre pays depuis 1984 de se « gouverner librement et démocratiquement ». Elle a été ponctuée d’une bénédiction par le pasteur Thierry Tapu, et de plusieurs allocutions.

Parmi l’assistance, citons entre autres le président Edouard Fritch, la députée Nicole Sanquer, la sénatrice Lana Tetuanui, le maire de Papeete Rémy Brillant, le président du Taatira no te hau, Lionel Lao, plusieurs représentants à l’assemblée ainsi que des élus communaux. Et bien entendu Gaston Flosse qui, bien qu’extrêmement diminué sur le plan physique, n’aurait manqué pour rien au monde ce rendez-vous.

Lors d’un discours improvisé, Gaston Flosse est naturellement revenu sur les conditions difficiles dans lesquelles la Polynésie française s’est vu concéder par le président de la République de l’époque, François Mitterrand, un large statut d’autonomie et ce, au terme de rudes négociations avec Paris menées depuis 1978. « Vous êtes têtu… » aurait alors asséné le locataire de l’Elysée à son interlocuteur polynésien. Mais aujourd’hui, Gaston Flosse n’en démord pas: « L’Autonomie, c’est dépassé…allons plus loin ». Lui qui plaide désormais pour une association, tout en restant dans le giron de la France. Dans ce cadre, il souhaite aujourd’hui être entendu par une large majorité de Polynésiens, quitte à passer par un référendum.

Retrouvez ci-dessous l’allocution de bienvenue prononcé par Edouard Fritch:

Mes chers compatriotes, Chers amis de Polynésie,

Le 29 juin est une date qui appartient à notre histoire. C’est une date de fierté. Une date de responsabilité. Une date qui nous rappelle qu’il y a cinquante ans, les Polynésiens ont franchi une étape décisive en prenant davantage en main leur destin.

L’autonomie est une conquête démocratique. Elle est le fruit d’un long combat politique mené par des femmes et des hommes qui avaient une conviction profonde : les Polynésiens sont capables de gouverner leur pays, librement et démocratiquement.

Depuis cinquante ans, cette confiance n’a jamais été démentie.

Grâce à l’autonomie, nous avons construit nos institutions. Nous avons affirmé notre identité. Nous avons développé nos communes et nos îles. Nous avons fait vivre notre culture, nos langues, nos traditions. Nous avons pris nos responsabilités et nous avons appris à décider, à gérer et à bâtir.

Oui, l’autonomie est une réussite polynésienne. Mais cette réussite n’est jamais acquise. Elle exige chaque jour davantage de responsabilité.

Car être autonome, ce n’est pas revendiquer sans cesse davantage de pouvoirs. Être autonome, c’est d’abord bien exercer ceux que nous possédons déjà. C’est gouverner avec sérieux. C’est faire des choix courageux pour développer notre économie, protéger notre environnement, renforcer notre cohésion sociale et offrir à notre jeunesse les raisons d’espérer et de réussir ici, chez elle.

Enfin, l’autonomie se mesure à notre capacité à bâtir par nous-mêmes notre développement, en réduisant progressivement notre dépendance à l’égard d’autrui. Ce chemin est encore long et exige encore des efforts constants.

Notre vision est claire. Nous sommes profondément fiers d’être Polynésiens ; profondément attachés à notre identité ; une identité qui s’épanouit pleinement au sein de la République française. Notre relation avec la France n’est ni une dépendance, ni une soumission. C’est un partenariat stratégique fondé sur le respect mutuel, la solidarité et des intérêts communs et partagés.

Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, des crises diverses ce partenariat constitue une force exceptionnelle pour notre pays. Notre ambition n’est pas la rupture. Notre ambition est de construire. Construire une Polynésie plus prospère, qui crée des emplois pour  ses enfants., qui offre un logement digne à chaque famille. Construire une Polynésie qui investit dans ses femmes, ses hommes, dans son école, dans ses entreprises, dans son agriculture, dans son océan et dans ses jeunes.

Voilà le véritable patriotisme. Le patriotisme de celles et ceux qui aiment suffisamment leur pays pour le faire grandir.

En ce 42ᵉ anniversaire de notre large autonomie, je veux rendre hommage à tous ceux qui ont contribué à cette belle aventure collective. À celles et ceux qui, depuis plus de cinq décennies, ont servi notre pays avec fidélité, je pense  à Pouvanaa a oopa, à Francis Sandford , à John Teariki et en particulier au Père fondateur de notre large autonomie, M. Gaston Flosse.

Et aujourd’hui, je veux dire à notre jeunesse : l’autonomie est désormais entre vos mains. C’est à vous qu’il appartient de la faire vivre, de la renforcer et de la transmettre. Alors, en ce jour de célébration, soyons fiers de notre parcours. Soyons confiants dans notre avenir. Et continuons, ensemble, à bâtir une Polynésie forte de son identité, responsable de son destin et ouverte sur le monde.

Vive la Polynésie française. Vive notre autonomie.

Et que Dieu bénisse notre Fenua.

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