16 février 2026

Absence de DSP: les questionnements légitimes de J. Crawford

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Dans un nouveau post publié sur les réseaux sociaux, Jonathan Crawford, chef d’entreprise du fenua dont les prises de position sont généralement très suivies, se dit « inquiet » de voir avec quelle légèreté ce sujet est traité par certains, et par le gouvernement Brotherson en particulier.

A ses yeux en effet, « la DSP aérienne n’est pas un dossier secondaire. C’est un pilier essentiel de notre Fenua, un fil de vie pour nos archipels et pour toutes celles et ceux qui œuvrent à bâtir leurs ressources, leur activité, leur avenir et celle de leur enfant. »
Et d’expliquer: « Je suis inquiet parce que je me dis que ce qui arrive aujourd’hui à ces entrepreneurs et à ces familles pourrait, demain, nous arriver aussi, car lorsqu’une décision essentielle est retardée, lorsque l’anticipation laisse place au flou, ce ne sont pas seulement quelques acteurs économiques qui sont fragilisés, c’est toute la confiance elle-même qui se brise. Et sans confiance, aucun pays ne peut avancer sereinement. »
« Lorsque les activités, les projets, les situations humaines deviennent secondaires face à des rapports de force institutionnels, alors plus personne n’est réellement à l’abri. Selon moi, gouverner, c’est protéger cette confiance, c’est veiller à ce que chaque décision renforce le terrain au lieu de l’exposer. Plusieurs voix expérimentées rappellent que des solutions techniques existent et qu’une transition est possible. Cela rend d’autant plus urgente une décision claire.
« Je m’interroge aussi sur la cohérence des objectifs fixés, on nous parle de 600.000 touristes… Mais comment vise t on une telle ambition si dans le même temps la continuité aérienne de nos archipels reste dans l’incertitude ? Le développement touristique commence par de la stabilité, un vrai visibilité sur le long terme et bien entendu de la confiance.
Quand le Pays hésite, il produit forcément une conséquence, et cette conséquence, aujourd’hui, les entrepreneurs de ces îles éloignées la ressentent immédiatement. »
« Ils la ressentent dans les réservations qui ne se font plus au-delà du 30 juin, Ils la ressentent dans l’incertitude qui s’installe, Ils la ressentent dans cette difficulté soudaine à vendre ce qui, hier encore, faisait vivre leurs familles…. Et dans cette absence d’anticipation, ce sont des pensions de famille qui vacillent, des entrepreneurs qui ont emprunté, investi, construit, et qui se demandent comment ils vont tenir. Ce sont des familles entières qui vivent dans l’attente, la boule au ventre. »
« Mais ce sont peut-être aussi des évacuations sanitaires, des malades, des situations humaines qui dépendent directement de cette continuité territoriale…. Cette DSP a été signée en 2021 pour cinq ans, son échéance en juillet 2026 n’a rien d’imprévu. Elle devait être reconduite, ou renégociée depuis longtemps si des ajustements étaient nécessaires. Je peine à comprendre comment un dossier aussi vital d’un calendrier établi depuis des années n’ait pas été sécurisé plus tôt… »
(…)
« J’espère qu’un accord sera trouvé rapidement. Un accord clair, stable, mais surtout un accord pour le bien du Fenua et de tous ses habitants.
Parce qu’au-delà des débats, ce qui doit primer, c’est la protection de notre Fenua et de ceux qui le font vivre ».
Pour info : La Délégation de Service Public est le contrat par lequel le Pays confie à un délégataire, ici Air Tahiti, avec un financement public, la mission d’assurer les vols vers les îles éloignées non rentables mais vitales pour nos populations)

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