Agriculture: à quand la mise en oeuvre d’un Plan global de relance ?
C’est la question orale d’actualité que les représentants Fritch et Teriitahi entendent poser jeudi matin, à l’assemblée de la Polynésie française, pour répondre aux difficultés croissantes du secteur Primaire.
L’agriculture polynésienne traverse aujourd’hui une crise profonde qui suscite une vive inquiétude parmi les professionnels du secteur. Les exploitants agricoles alertent sur l’accumulation de difficultés économiques, techniques et administratives qui fragilisent durablement les filières locales et compromettent notre objectif de souveraineté alimentaire.
Les producteurs doivent faire face à une concurrence toujours plus forte des importations de fruits et légumes en provenance notamment de Nouvelle-Zélande, d’Australie ou des États-Unis. Cette situation est d’autant plus difficile à comprendre pour les agriculteurs polynésiens qu’ils sont soumis à des contraintes sanitaires et environnementales particulièrement exigeantes, alors que certains produits importés sont issus de systèmes de production recourant encore à des substances désormais interdites sur notre territoire.
L’interdiction de plusieurs molécules phytosanitaires, dont certains néonicotinoïdes, répond certes à des objectifs légitimes de protection de la santé et de l’environnement. Toutefois, de nombreux professionnels estiment que les alternatives disponibles ne permettent pas encore de garantir une protection efficace de certaines cultures contre les ravageurs et les maladies. Ils soulignent également que des produits importés continuent d’entrer sur notre marché alors même qu’ils peuvent provenir de pays utilisant ces substances et appliquer des normes différentes en matière de limites maximales de résidus (LMR). Cette situation alimente un sentiment d’inégalité de traitement et de perte de compétitivité pour les producteurs locaux.
Parallèlement, les organisations agricoles s’inquiètent des conséquences de la réforme de la fiscalité CPS applicable au régime des non-salariés. Selon les chiffres communiqués par la profession, plus de 2 000 agriculteurs n’auraient pas renouvelé leur carte professionnelle auprès de la CAPL. Au-delà des chiffres, cette évolution traduit un découragement croissant face à la complexité des démarches administratives et aux charges supportées par les exploitants. A ces difficultés s’ajoutent les effets du changement climatique, la progression des espèces envahissantes, notamment la fourmi électrique, ainsi que les menaces sanitaires pesant sur les cultures.
Dans ce contexte, plusieurs organisations professionnelles plaident pour la mise en oeuvre d’un plan global de relance reposant sur la formation, l’installation des jeunes, l’investissement productif, l’adaptation des dispositifs fiscaux et sociaux, ainsi que le renforcement des moyens de lutte contre les nuisibles et les maladies.
Aussi, monsieur le ministre, ma question est la suivante : quelle stratégie d’ensemble le gouvernement entend-il mettre en oeuvre pour restaurer durablement la compétitivité et l’attractivité de l’agriculture polynésienne, garantir des conditions de concurrence équitables avec les produits importés, notamment au regard de l’usage de substances interdites localement et des limites maximales de résidus autorisées, et répondre aux difficultés économiques, réglementaires et sanitaires auxquelles sont aujourd’hui confrontés les exploitants agricoles ?
Photo d’archives
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