« Améliorations » du statut d’autonomie: « Trop tard… » rétorque Gaston Flosse à Sébastien Lecornu

Lors de sa traditionnelle prise de parole du mardi, le président du Amuitahiraa o te Nunaa maohi, Gaston Flosse, a pris pour cible les représentants de l’Etat en Polynésie française, et en premier lieu le haut-commissaire, Dominique Sorain.

Chaque semaine, un thème. Chaque semaine, des attaques, voire des contre-vérités. Qu’importe pour le « vieux lion », l’important est de gesticuler, de faire parler de lui et notamment de promouvoir son nouveau combat politique, à savoir: l’accession de la Polynésie française à la Souveraineté associée à la France.

Cette fois-ci, l’ex-leader du Tahoeraa a trouvé moyen de décocher quelques flèches à propos de la situation sanitaire et de ses conséquences financières pour le fenua.

Alors que l’épidémie de covid est toujours rampante avec un nombre de cas actifs en constante augmentation depuis plusieurs semaines, Gaston Flosse a fustigé l’entrée en vigueur du Pass vaccinal. Ce qu’il considère ni plus ni moins comme un nouveau « machin » visant à inciter les derniers réfractaires à aller se faire vacciner. Mais surtout, ce qui l’intéresse plus que tout, c’est de savoir si le président de l’assemblée (ndlr: Gaston Tong Sang) sera autorisé à circuler par les voies aériennes normales sans le précieux sésame ?

Sans vouloir personnaliser le débat, D. Sorain, interrogé pas plus tard que ce matin sur les antennes de Radio1, a indiqué que le Pass vaccinal s’applique uniquement à celles et ceux qui se rendent dans les archipels éloignés, qu’ils se rendent à Bora Bora ou à Nuku-Hiva. En revanche, pour les populations des archipels voulant rejoindre Papeete, la vaccination n’est pas obligatoire et le retour, dans leurs résidences principales, sera possible en produisant uniquement un test (RTPCR ou autre) de non-contamination. Autrement dit, Gaston Tong Sang sera bien en pleine capacité de présider les prochaines séances à Tarahoi.

Dans son Facebook Live, Gaston Flosse a également commenté la récente signature du PGE2 accordé par l’Etat à la Polynésie française. Sur les modalités du prêt de 36 milliards de Fcfp, il s’interroge à divers degrés: pourquoi l’Etat accorde t-il sa garantie ? Le taux d’intérêt…le 1er ministre, Jean Castex, n’en parle pas. « Il cache quelque chose… », assure le « vieux lion ». Avant d’affirmer que sur chacun des prêts, l’Etat empocherait une « commission ». Tout ça pour demander à l’Etat, sans le dire ouvertement, d’effacer la dette de la Polynésie dont l’encours, selon lui, atteint les 200 milliards de Fcfp.

Cette nouvelle revendication tombe à point nommé puisque quelques heures plus tôt, le ministre des Outre-Mer, Sébastien Lecornu, s’est exprimé  favorablement depuis Paris en faveur d’une « amélioration » du statut d’autonomie et ce, pour tirer les leçons de l’épidémie de covid qui a mis à rude épreuve le partage des compétences entre l’Etat et la Polynésie. A son tour, le haut-commissaire n’a pas dit autre chose, précisant que ces deux dernières années l’Etat était « beaucoup intervenu » dans des domaines qui lui sont normalement étrangers, ne serait-ce qu’au travers les 28 milliards de PGE accordés aux entreprises du fenua ou encore, la fourniture gratuite des vaccins anti-covid.

Toujours est-il que le président du Amuitahiraa ne veut plus entendre parler d’autonomie, celle qu’il chérissait tant…« Il est trop tard… » à ses yeux de chercher à « améliorer » quelque chose qui est « arrivé en bout de chemin ». Reste à savoir si une majorité de Polynésiens le suivra dans ses nouvelles aventures…

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