20 septembre 2020

Brexit: quand c’est flou, il y a du mou!

par David Milliken

La menace d’une contraction de l’économie britannique dans les prochains mois est de plus en plus précise, les doutes liés au Brexit ayant provoqué en mars la première baisse de l’activité du secteur clé des services depuis près de trois ans, montre mercredi une enquête auprès des entreprises.

L’indice des directeurs d’achats (PMI) IHS Markit/CIPS du secteur des services, qui inclut aussi bien les grandes banques que les coiffeurs, a chuté à 48,9 après 51,3 en février, un chiffre inférieur à la plus pessimiste des estimations des économistes interrogés par Reuters.

Ce baromètre très suivi de la santé de l’économie traduit désormais une contraction de l’activité pour la première fois depuis juillet 2016, le mois qui a suivi le vote des Britanniques pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

« Au milieu du vacarme à Westminster, le dernier PMI Markit/CIPS en date montre clairement que l’économie est durement affectée », constate James Smith, économiste d’ING dans une note.

L’économie britannique souffre depuis le référendum de juin 2016 des inconnues liées à la perspective d’une sortie de l’UE et même si le chômage est au plus bas depuis plus de 40 ans, la croissance est revenue en 2018 à son plus bas niveau en six ans.

Selon IHS Markit, un grand nombre des directeurs d’achats interrogés ont évoqué l’impact de l’incertitude politique intérieure sur la demande en mars, « les clients espérant y voir plus clair sur l’issue du Brexit avant de s’engager dans de nouveaux projets ».

« La stagnation de l’économie au premier trimestre va (…) probablement se transformer en contraction au deuxième trimestre à moins d’une reprise soudaine de la demande qui semble très improbable au vu de l’augmentation récente de l’incertitude sur le Brexit », estime IHS Markit.

Certains économistes notent cependant que les indices PMI ont tendance à exagérer l’impact des incertitudes économiques.

« La croissance du PIB se tient sans doute un peu mieux que ne le suggèrent les PMI », dit ainsi Samuel Tombs, de Pantheon Macroeconomics.

Alors qu’en 2016, la demande avait rapidement rebondi après le choc initial provoqué par le résultat du référendum, les entreprises britanniques font désormais état d’une baisse des commandes depuis trois mois, la série la plus longue depuis la récession de 2009.

(Avec Catherine Evans, Marc Angrand pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

Source: Yahoo actualités

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