Co-voiturage: l’aveu d’un échec de Jordy Chan

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Le ministre de l’Equipement, Jordy Chan, a passé un « sale quart d’heure » jeudi en milieu d’après-midi, à l’assemblée, face au représentant Nuihau Laurey plus que remonté sur l’affaire « WIGO ».

Depuis son arrivée aux affaires, le benjamin de la « dream-team » gouvernementale n’a eu de cesse de multiplier les initiatives pour tenter de régler le problème des embouteillages dans la zone urbaine de Tahiti. Nul ne peut le nier. Même si, à ce jour, les résultats ne font toujours attendre…

Aussi, à défaut de pouvoir restreindre le nombre de véhicules en circulation, Jordy Chan a plaidé pour le co-voiturage au travers une société venue de l’extérieur dont le modèle de développement s’est révélé finalement économiquement non viable. Pour preuve, sur les 15 000 téléchargements de l’application « WIGO », il était prévu un taux de conversion (ndlr: de la volonté à l’acte de co-voiturage) de 8% mais seulement 2,5% a été atteint. Ou encore, sur les 1800 usagers actifs, seuls 700 seront à même de « co-voiturer ». Le problème, c’est qu’entre temps, le Pays aura soutenu ladite société moyennant le versement d’une subvention de 47 millions de Fcfp. Pour que finalement, celle-ci décide de fermer ses portes.

Une solution de mobilité durable ?

Mais à la Direction des transports terrestres (DTT), force est de constater que l’on y croit encore. Voici ce que l’on peut lire sur le site internet en question:

« Le covoiturage se développe à Tahiti comme une solution de mobilité durable, permettant de réduire le nombre de véhicules sur les routes, de limiter la congestion et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Accessible à tous, il favorise la le développement des relations sociales, la solidarité, les économies et une circulation plus fluide.

Avec une forte dépendance à la voiture individuelle, Tahiti connaît régulièrement des embouteillages en particulier aux entrées de Papeete et sur les axes principaux. Le covoiturage permet de partager un même trajet entre plusieurs personnes, offrant ainsi : une réduction des coûts de transport pour chacun ; une diminution de la pollution et de l’empreinte carbone  et enfin, une meilleure organisation des déplacements quotidiens, notamment pour le travail, l’école ou les loisirs. Cette pratique s’inscrit également dans la logique d’une mobilité intermodale, en complément du bus, du vélo ou de la marche. »

47 millions de Fcfp, donc ! « Une somme pas si élevée que ça… » a réagi le jeune ministre face aux questions insistantes de l’élu non-inscrit qui, lui a rétorqué: « Votre réponse m’a choqué. 47 millions de Fcfp dans la vie réelle, c’est beaucoup. C’est de l’argent public mal dépensé. » Avant de poursuivre, tout aussi fâché, en demandant au président de l’APF de créer une commission d’enquête pour faire la lumière sur cette opération.

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