Exposition: la preuve de l’attachement de Gaya à Paul Gauguin

Plus qu’une exposition, programmée du 5 au 9 avril à la Maison de la culture, la scénographie de François Hippolyte, œuvres trouvées, 1890 – 1905, est celle d’une véritable investigation.

L’artiste Gaya, d’abord enquêteur commis d’office, s’investit finalement commissaire d’exposition pour présenter le cheminement chronologique de ses recherches agrémentées de diverses pièces à conviction. Gaya a remonté le fil du temps pour suivre le parcours d’un certain François Hippolyte en terre polynésienne et contemporain de… Paul Gauguin.

Tout commence au marché aux puces de Taravao où le cadre sculpté d’une aquarelle attire l’œil d’un amateur d’art premier océanien. L’aquarelle est signée des initiales F.H.  Mais, en ouvrant son cadre, son acheteur découvre alors la mention « Petit coin de paradis n°2 » et la signature d’un certain… François Hippolyte. L’acquisition complémentaire d’une soixantaine de feuillets jaunis regroupés et noués entre eux avec une vieille corde va attiser son intérêt pour ce mystérieux François Hippolyte. Ces pages, probablement issues d’un journal, renferment des dessins et des annotations qui nous livrent ses réflexions les plus intimes, des opinions souvent bien tranchées parfois contradictoires mais surtout le début de son aventure tahitienne.

 François Hippolyte empreint de liberté et d’exotisme arrive à Tahiti en 1890 pour s’installer dans un fare aux abords de Papeete qui a été mis à sa disposition par un homme d’église avec lequel il semble entretenir une seule et vraie amitié. François Hippolyte retrouve un certain… Paul Gauguin. Il a fait sa connaissance lors de l’exposition universelle de Paris en 1889.

 L’œuvre de François Hippolyte rassemblée à Tahiti comme aux îles Marquises, en France et aux États-Unis permet de présenter des peintures, des aquarelles, des sculptures et des céramiques. Sauf que toutes ces créations retrouvées semblent empreintes de la signature artistique d’un autre grand peintre et ami de François Hippolyte, le fameux Paul. Le pas est alors facile à franchir pour soupçonner un plagiat entre ces deux artistes, dans un sens ou dans l’autre, d’autant que François Hippolyte écrit dans son cahier avoir démasqué l’imposteur pour le dénoncer.

 Oui, mais François Hippolyte n’est qu’un personnage fictif né dans l’imaginaire de Gaya, qui est en fait l’artiste véritable qui a créé toutes les œuvres de cette exposition pour « donner vie » à son personnage. Le pari de coupler intrigue sur fond de plagiat et ses propres créations artistiques est certes audacieux mais lui permet de s’identifier à François Hippolyte et à son œuvre confisquée ».

   Biographie de l’artiste GAYA :

 Gaya est un apprenti sorcier qui aime se frotter à des approches artistiques diversifiées.  Ses créations toutes en symboles et métaphores fascinent mais peuvent aussi dérouter suivant les lectures que l’on peut leur donner. L’artiste est un familier de la Maison de la culture et de la salle Muriāvai. Sa dernière exposition dans ses murs en septembre 2017 tablait sur une Rétrospective de 15 ans en Polynésie après avoir exposé en Novembre 2016 sous le thème Carpe Diem. Les portes de la salle Muriāvai lui avaient aussi été ouvertes en décembre 2006 avec l’exposition La Polynésie, qui la rêve, qui la regarde et en 2005 Les goûts et les couleurs.

 Avec cette nouvelle exposition François Hippolyte, œuvres trouvées, 1890 – 1905, Gaya réaffirme ainsi son attachement à Paul Gauguin.

 

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