Fermeture des frontières: « un mal nécessaire pour protéger les Polynésiens », selon S. Lecornu

Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, a pris la parole au sujet des nouvelles mesures de protection mises en place en Polynésie française pour faire face à la menace des variants Covid-19. Voici de larges extraits de son allocution.

Mes chers compatriotes,

La situation sanitaire dans le monde connaît depuis quelques semaines un tournant inquiétant. L’apparition de trois variants de la Covid-19 nous font craindre une reprise de l’épidémie dans des conditions plus incertaines et plus dramatiques que ce que nous avons déjà connu. Ces variants sont, selon les avis des scientifiques, plus contagieux, permettant ainsi au virus de circuler de manière plus rapide.

Vous le savez, les variants dits britanniques et sud-africains ont déjà été détectés dans l’Hexagone et dans quelques territoires ultramarins, comme Mayotte. Mais d’autres, comme la Polynésie-Française, en sont encore épargnés. Il est nécessaire de continuer à préserver le Pays de cette nouvelle menace en prenant de nouvelles décisions. C’est pour cette raison que je m’adresse à vous ce soir.

(…)

L’arrivée de plusieurs vaccins est certes une lueur d’espoir dans cette crise mondiale qui nous touche depuis bientôt un an. L’Etat, en accord avec le gouvernement du président Fritch, livre de manière régulière la Polynésie-Française en doses de vaccins.

Mais, les premières études semblent montrer que les premiers vaccins développés sont d’une efficacité moindre face à ces variants par rapport au virus initial.

Par ailleurs, il nous faut être réaliste : il nous faudra un certain temps avant que l’ensemble de la population polynésienne et française ne soit vaccinée.  Il est donc indispensable que nous nous protégions.

Je vous l’ai dit : l’arrivée des variants du virus change radicalement la donne. Cette épidémie peut être suivie d’une autre, dont les signes avant-coureur commencent à apparaître dans certaines parties du monde, si nous n’agissons pas assez vite.

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Aujourd’hui, la menace est grande pour la Polynésie-Française : si l’un des variants venait à être détecté, nous pourrions être confrontés à une explosion des cas et à une embolie complète de son système hospitalier.

Aussi, je vous le dis en toute franchise : si les variants devaient circuler activement en France, dans l’Hexagone et dans quelques territoires ultramarins en même temps, nous ne pourrions peut être pas soutenir la Polynésie-Française comme nous l’avons fait auparavant. L’envoi de renforts nationaux pourrait être malheureusement trop complexe à mettre en œuvre.

J’ai fait part au président de la Polynésie-Française de la gravité de la situation. Nous avons longuement échangé et nous avons convenu que nous devions prendre des mesures nouvelles pour protéger le Pays de cette menace et réduire au maximum le risque d’importation des variants.

Comme vous le savez, nous avons décidé ces derniers jours d’imposer des motifs impérieux, c’est à dire d’avoir une raison familiale, de santé ou professionnelle, pour tout déplacement vers Mayotte, la Guyane, la Réunion, les Antilles. Cette mesure sera également prise dans les prochains jours pour Saint-Pierre-et-Miquelon.

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Avec le président Fritch, nous avons donc décidé d’appliquer également cette mesure pour la Polynésie-Française, à compter du mercredi 3 février.

Concrètement, cela signifie que les touristes ne pourront plus venir en Polynésie-Française dans les prochaines semaines. Je sais le sacrifice économique que cela implique pour vous, mais nous ne pouvons pas transiger avec la santé de nos concitoyens. Cela doit rester notre priorité. Le contrôle des flux des voyageurs, en limitant ceux-ci au strict nécessaire, est absolument indispensable pour limiter le brassage des populations, donc le risque de faire entrer l’un des variants du COVID sur le territoire polynésien.

C’est un mal nécessaire pour que la Polynésie-Française soit protégée et qu’elle puisse rouvrir au tourisme le plus rapidement possible. Par ces mesures de protection, l’épidémie pourra continuer à être maîtrisée, comme le Gouvernement polynésien l’a fait avec courage et efficacité, dans les dernières semaines. Mais aussi, c’est une condition pour que l’économie intérieure du Pays puisse continuer à fonctionner.

Dans cette période difficile, l’Etat continuera à soutenir économiquement la Polynésie-Française. En 2020, l’Etat a mis en place un prêt de 28 milliards de francs Pacifique à l’égard du Gouvernement du Pays pour lui permettre de faire face à ses dépenses exceptionnelles.

L’Etat a également engagé directement 65 milliards de francs Pacifique en faveur des entreprises polynésiennes. Ce sont ainsi 54 milliards de francs Pacifique de prêts garantis qui ont été octroyés aux entreprises, et 11 milliards de décaissements du fonds de solidarité à destination des entreprises de Polynésie française. Cet effort est massif, inédit, nécessaire.

Ces mesures seront maintenues en 2021, aussi longtemps que durera la crise économique et sanitaire. Elles seront renforcées pour les secteurs les plus en difficulté. J’ai demandé au Haut-Commissaire, en lien avec le Gouvernement de Polynésie-Française, de prendre l’attache des représentants du monde économique, en particulier du secteur du tourisme et des compagnies aériennes, afin de vérifier que ces mesures sont bien adaptées à la diversité des situations rencontrées par les entreprises.

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 Photo d’archives

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