9 septembre 2026

La filière « Pêche » prend l’eau: les exportations en chute libre

0

En 2025, les exportations de poissons du large ont rapporté « seulement » 1,4 milliard de F.CFP, soit 722 millions de F.CFP de moins que l’année précédente, annonce l’Institut de la statistique (ISPf).

Durant la même période, il ressort en effet que les volumes exportés ont diminué de 20,6 % pour enregistrer le plus faible niveau depuis 2018 avec 1 380 tonnes. Parallèlement, le prix au kilogramme a baissé de 16,3 % sur un an pour atteindre 1 039 F.CFP, après avoir atteint 1 418 F.CFP en 2022. Ce résultat s’explique principalement par la forte contraction des exportations de thon jaune qui était l’espèce la plus exportée en 2024. Sa valeur et ses volumes ont été divisés par trois sur un an, pour atteindre 328 millions de F.CFP et 267 tonnes. Son prix au kilogramme est en retrait pour la quatrième année consécutive (- 12,0 %) et s’établit à 1 228 F.CFP.

Ainsi, le thon obèse retrouve sa place de premier produit exporté en 2025. Si les volumes exportés (452 tonnes) sont supérieurs à ceux de l’année précédente (+ 9,3 %), la contraction de son prix au kilogramme (- 16,1 %) fait reculer le niveau de ses recettes de 8,2 % pour totaliser 555 millions de F.CFP. Son prix au kilogramme est identique à celui du thon jaune à 1 228 F.CFP. Les exportations de thon blanc se replient de 27,4 % en valeur et de 23,0 % en volume. Ses recettes atteignent 103 millions de F.CFP pour un volume de 152 tonnes et un prix au kilogramme qui s’établit à 676 F.CFP (- 5,7 %).

Par ailleurs, les autres espèces de poissons du large sont aussi en retrait en valeur (- 10,8 %), pour totaliser 126 millions de F.CFP. Les volumes diminuent moins fortement (- 7,0 %) pour se situer juste au-dessus du thon blanc avec 154 tonnes. Les prix au kilogramme sont plus stables (- 4,1 %) à 821 F.CFP.

Moins de poissons exportés vers les USA, davantage en Europe

Premier pays importateur de poissons du large, les États-Unis diminuent leurs achats en valeur (- 41,6 %) et en volume (- 31,6 %) pour totaliser 1,2 milliard de F.CFP et 1 132 tonnes. Il s’agit du plus faible niveau enregistré en valeur depuis 2017 et en volume depuis 2014. Ce résultat s’explique principalement par le repli des importations de thon jaune réfrigéré qui contribue pour – 36,3 points à la valeur et pour – 30,8 points au volume de leurs importations annuelles en poissons du large. À l’inverse, les exportations vers l’Europe (y compris la France) n’ont jamais été aussi élevées depuis dix ans avec la reprise des exportations de filets et chairs de poissons congelés. La valeur et le volume globaux exportés vers l’Europe ont été multipliés par quatre et représentent respectivement 13,2 % et 16,4 % des exportations annuelles de poissons du large. Les exportations vers le Pacifique (y compris l’Australie et la Nouvelle-Zélande) se contractent de 6,8 % en valeur et de 18,0 % en volume.

Enfin, la FAO a effectué en 2025 le recensement le plus complet des stocks halieutiques marins avec la collaboration de 650 experts, originaires de 90 pays. Les résultats de ce projet inédit par son ampleur, montrent qu’une gestion rigoureuse et scientifique des espaces marins contribue positivement à la préservation des ressources halieutiques. Néanmoins, des zones sous-tensions persistent. Ainsi, au niveau mondial, 64,5 % des stocks halieutiques sont biologiquement viables et 35,5 % des stocks sont surexploités avec un taux qui augmente d’environ 1 % par an. Les taux de stocks viables les plus élevés sont situés dans le Pacifique Nord-Est (92,7 %) et Sud-Ouest (85,0 %) pour atteindre 100 % en Antarctique. Si les plus faibles taux de stocks viables sont localisés en Méditerranée et en mer Noire (35,1 %), la biomasse a augmenté de 15,0 % en 13 ans dans ces régions. Autres régions sous-tensions, le Pacifique Sud-Est et l’Atlantique Centre-Est enregistrent des taux de stocks viables inférieurs à 50 %. Parmi les 2570 stocks de poissons analysés, les thonidés affichent un taux de viabilité de 87,0 % avec 99,0 % des débarquements issus des ressources durables. À l’inverse, les espèces en eaux profondes affichent seulement 29,0 % de stocks viables.

Loading

Laisser un commentaire