2 juillet 2020

L’Espagne sans touristes, la mort assurée pour tout un secteur

Dans le patio de l’hôtel, le silence règne.

Les rares clients sont priés de petit-déjeuner dans leur chambre et de s’inscrire à l’avance pour nager dans la piscine de l’établissement. Son Sant Jordi, dans le village de Pollença, est l’un des hôtels qui ont déjà rouvert leurs portes sur l’île de Majorque, aux Baléares. Pour l’instant, il n’accueille que quelques voyageurs en déplacements d’affaires car les liaisons aériennes avec l’Europe sont encore faméliques. Pas un touriste à l’horizon. « C’est comme si nous étions restés en saison d’hiver », raconte Jaume Salas, le propriétaire de cet hôtel de charme qui a mis en place une hygiénisation stricte des chambres.

En ce début juin, aux Baléares comme sur tout le littoral espagnol, date de la réouverture des frontières (hors avec le Portugal) sans quatorzaine pour les arrivants. Du côté des hôteliers, l’impatience est palpable. En 2019, l’Espagne, deuxième destination touristique mondiale, avait reçu près de 84 millions de visiteurs, parmi lesquels 18 millions de Britanniques, 11 millions de Français et autant d’Allemands.

La perspective d’une saison sans tourisme international menace l’un des principaux piliers de l’économie, qui a apporté près de 148 milliards d’euros au pays en 2019, soit 12,3 % du PIB, en générant plus de 2,6 millions d’emplois. « Nous devrions être une priorité », affirme José Luis Zoreda, à Exceltur, l’association patronale du secteur. D’autant, rappelle-t-il, que les régions les plus touristiques du pays ont été très épargnées par la crise sanitaire.

Rouvrir d’accord, mais avec des mesures de sécurité pour les voyageurs et ceux qui les reçoivent, répète le gouvernement, qui appelle à la prudence. Tout juste a-t-il entrouvert la porte à quelques expériences pilotes avec des tour-opérateurs allemands, pour commencer à envoyer quelques groupes aux Baléares et aux Canaries en juin. Les autres devront attendre juillet. « Pourquoi si tard ? », protestent les hôteliers. L’inquiétude est d’autant plus grande que l’Italie, l[…]

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