Objectif touristique abaissé de 600 000 à 450 000 visiteurs à l’horizon 2033
Lors du dernier conseil des ministres, tenu exceptionnellement samedi 28 mars, le MEF Warren Dexter a présenté un projet de délibération portant approbation de la stratégie de développement économique de la Polynésie française, intitulée Cap 2033 « ‘A fano rā ».
Ce plan, qualifié d' »ambitieux », définit la feuille de route du Pays pour les dix prochaines années (2023-2033) afin de bâtir une économie plus diversifiée, plus résiliente et plus équitable.
Loin d’être un simple catalogue d’intentions, Cap 2033 est un outil de pilotage concret. Il vise à répondre aux défis structurels du Fenua – comme le coût de la vie, l’éloignement et la vulnérabilité climatique – tout en valorisant ses atouts majeurs : sa jeunesse, sa biodiversité et sa culture.
La stratégie repose sur quatre piliers majeurs réajustés selon les réalités actuelles.
En matière de tourisme, le gouvernement acte tout d’abord un réajustement de l’objectif à « seulement »450 000 visiteurs d’ici 2033 contre 600 000 jusqu’ici, avec la création de 4 100 clés d’hébergement supplémentaires. Ce qui correspondrait alors à un quasi doublement de la capacité hôtelière actuelle…Mais pour accueillir des touristes, il faut ouvrir de nouveaux hôtels et/ou pensions de famille, ce que l’on ne voit pas arriver!
+30 % de la production agricole commercialisée
En matière d’autosuffisance alimentaire, autre cheval de bataille du président Brotherson, on mise désormais sur une augmentation de 30 % de la production agricole commercialisée ainsi que sur une extension de 800 hectares de surfaces exploitées pour réduire la dépendance aux importations. C’est naturellement sans compter les difficultés d’approvisionnement en oeufs de poule et la libéralisation des importations en provenance de Nouvelle-Zélande… La pêche vise, quant à elle, une flotte de 100 navires pour accroître la production locale. Le défi n’est pas nouveau! En août 2023, alors en visite au fenua, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, déclarait: « Quand je vois que l’on ne produit que 35% de ce que l’on consomme ici, il faut d’abord faire l’autonomie alimentaire, l’autonomie économique, agricole, plutôt que de penser à autres choses et d’autres sujets institutionnels… » Trois plus tard, il reste encore un long chemin à parcourir.
Dans le Numérique et l’Audiovisuel, le gouvernement se veut également plus raisonnable ! En janvier 2024, alors qu’il se trouvait en mission à Paris, le président affichait un objectif: « le gouvernement se donne une décennie pour atteindre les 25% du PIB du Pays provenant du secteur du numérique et de l’audiovisuel ». Il devra se contenter de 15 % du PIB avec la création de 3 000 emplois, tandis que l’audiovisuel sera structuré pour générer des emplois à forte valeur ajoutée.
Enfin, dans les Énergies renouvelables, il s’agit d’atteindre 55 à 60 % d’énergies vertes dans le mix énergétique d’ici 2030, couplé à une baisse de 20 % de la consommation grâce à l’efficacité énergétique.
A partir du communiqué CM
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