Prêt de 8,5 milliards Fcfp à ATN: un épiphénomène
L’examen du collectif budgétaire n°3 programmé demain matin, mercredi 19 août à l’assemblée de la Polynésie française, devrait en partie se focaliser sur l’inscription d’une « autorisation de programme » (AP) d’un montant de 8,5 milliards de Fcfp aux fins de rénover les cabines des quatre appareils d’Air Tahiti Nui.
L’annonce d’un tel « rétrofit », arrivé comme un cheveux sur la soupe et dont le directeur général de la compagnie au tiare, Lionel Guérin, nous vante les mérites dans les colonnes de nombreux médias, secoue la classe politique à Tarahoi. Pourquoi investir une telle somme ? Pourquoi est-ce à la collectivité polynésienne de consentir un tel prêt ? A quoi bon rénover des appareils qui auront dix ans d’ancienneté en 2028 ? Autant de questions, légitimes, auxquelles le nouveau commandant de bord a déjà réponses, cf. l’article de nos confrères de Radio 1 en date du 17 août 2026.
Mais pour un observateur averti avec lequel nous avons pu échanger sous couvert d’anonymat, le problème est ailleurs! A ses yeux, en effet, ce réaménagement des cabines tel que proposé, n’est en réalité qu’un « épiphénomène ». Autrement dit, les élus, de tous bords politiques confondus, seraient bien inspirés d’élever leur niveau d’analyse. Et de s’interroger : qu’est-il advenu du plan de transformation de la compagnie au tiare promis il y a déjà trois ans par l’ancien PDG, Philippe Marie, propulsé par le président Brotherson comme étant le sauveur de la compagnie ? On a vu le résultat… A en croire le chef de l’exécutif local, ATN devrait prendre un nouveau départ avec un partenaire extérieur, de nouveaux avions, de nouvelles dessertes plus prometteuses.
Retour à la (triste) réalité donc. Quand on sait que le moindre appareil Mono-couloirs est facturé 15 milliards de Fcfp, on comprend mieux les enjeux. Investissement pour quatre unités: 60 milliards de Fcfp. Pas de quoi ravir les membres (minoritaires) du conseil d’administration qui ne veulent plus mettre la main à la poche. Sans parler de la grande discrétion dont fait preuve le nouveau PCA, mari de la députée Reid-Arbelot, un affidé du camp indépendantiste. Du coup, l’annonce du DG est révélatrice de quelqu’un qui n’a rien d’autres à proposer, et s’apparente, selon la formule américaine bien connue, à mettre « du rouge-à-lèvre sur un cochon ». Notre interlocuteur va même jusqu’à parier que Lionel Guérin serait en train de préparer sa sortie, voyant que la tâche est trop ardue. Pour ne pas dire, impossible à mener à bien !
Quant à prendre un engagement tel que celui d’un « retour à la rentabilité financière d’ici 2029 », soit avant même la fin de la rénovation desdites cabines, Lionel Guérin ne prend pas trop de risques…sinon de créer encore plus la suspicion autour d’une compagnie qui ne sait pas où elle va.
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