Epic Vanille: 1572 jours d’arrêt de travail en 2025
Le compte financier 2025 de l’Epic « Vanille de Tahiti » est arrivé dans les tuyaux de l’assemblée de la Polynésie française pour examen. Il recèle quelques pépites (pas au chocolat!) que nous allons exposer.
Le fonctionnement de cet établissement du Pays a défrayé la chronique ces deux dernières années. le gouvernement Brotherson s’était juré de le réformer, de le dégraisser pour le rendre plus performant. Surtout, plus autonome, budgétairement parlant! Pire, en février 2025, la Chambre territoriale des comptes rendait public son rapport sur l’Epic Vanille dans lequel elle recommandait la fermeture pure et simple de l’établissement, considérant que les objectifs pour lesquels il a été créé n’avait pas été atteints.
Un an et demi plus tard, le bilan n’est pas glorieux. Tout juste peut-on percevoir un début d’étincelle puisqu’au titre des perspectives 2026, on annonce « une mise en oeuvre de la métamorphose ». Rien que ça.
En attendant, c’est plutôt de sclérose dont souffre l’EPV ! En 2025, l’établissement recensait un effectif moyen de trente cinq agents dont sept agents permanents pour le seul laboratoire de l’établissement. La charge de personnel est conséquente: 223 millions 665 mille 188 francs pacifique (charges patronales incluses) dont 174,3 millions pour les seules rémunérations. Petit calcul rapide, on obtient un salaire moyen de 414 285 Fcfp par agent. Qui dit mieux…
Un déficit supérieur à 76 millions de Fcfp
Visiblement, ce traitement honorable n’a que peu d’effet sur l’assiduité du personnel puisque durant l’année observée, trente-trois agents ont présenté des arrêts de travail totalisant 1572 jours. Par ailleurs, on signale qu’un « salarié a été licencié pour faute grave, onze agents ont bénéficié d’un plan de départ volontaire et un agent est décédé ». Bonjour l’ambiance à l’EPV.
Pour couvrir ces « menues dépenses », l’établissement a bénéficié d’une subvention d’exploitation de la part du Pays – c’est à dire « nous – à hauteur de 280 millions de Fcfp pour un total de recettes de plus de 331 millions. Le problème, c’est que les dépenses ont été bien supérieures: plus de 380 millions de Fcfp. Dans ce contexte fortement dégradé, le compte financier 2025 affiche un résultat déficitaire, en fonctionnement (-48 787 368 Fcfp) comme en investissement (-27 636 763 Fcfp).
Et la vanille dans tout cela, comment se porte t-elle ?
En 2025, sachez que Tahiti et ses îles ont produit un peu plus de 37 tonnes de vanilles mûres (en hausse de 34%) pour un prix moyen au kilo de 13 750 Fcfp alors que le prix moyen (au kilo) de vanille préparée affiche un nouveau record: 58 600 Fcfp. En 2025, soixante aides agricoles ont été accordées, représentant une superficie de 18 000 m2 soit 7 026 tuteurs, dédiée à de nouvelles exploitations de vanille. Dix nouvelles exploitations de vanille ont ainsi pu voir le jour, ce qui représente une superficie supplémentaire de 3 744 ni2 répartie dans les îles de Tubuai, Rimatara, Anaa, Hiva-Oa, Huahine et Moorea. « Ce faible volume d’installations s’explique principalement par l’absence de règlement des porteurs de projet, des annulations de dossiers, des terrains non prêts, d’un manque de prestataires de montage et surtout des aléas climatiques imposant un frein considérable à la réalisation des travaux », peut-on lire par ailleurs.
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