Quel type de plateforme aéroportuaire d’envergure aux Marquises ?
Dans une question orale d’actualité à poser au gouvernement, jeudi matin à l’assemblée, le représentant Tavini huiraatira, Cliff Loussan, va tenter d’en savoir un peu plus sur le projet – maintes fois annoncé mais jamais réalisé depuis plus de vingt ans – de plateforme aéroportuaire aux Marquises.
Depuis plusieurs décennies, l’hypothèse de la création d’une plateforme aéroportuaire d’envergure aux Marquises revient régulièrement dans le débat public. A ce titre, plusieurs études techniques, économiques et prospectives ont été conduites au cours des dernières années. Pourtant, ni les élus que nous sommes, ni les Hakaiki ne semblent avoir bénéficié d’une restitution officielle de ces études.
Cette situation soulève de vraies interrogations. Chacun sait d’abord qu’un tel équipement ne peut être réduit à la seule construction d’une piste d’atterrissage. Une telle plateforme suppose des investissements considérables en matière d’alimentation en eau, de gestion des déchets, de production énergétique, de stockage des hydrocarbures, d’hébergement, de santé, de sécurité civile et de transport terrestre. Elle implique également une réflexion approfondie sur les capacités d’accueil des populations locales, sur l’aménagement du territoire et sur les conséquences économiques, sociales et environnementales pour l’ensemble de l’archipel des Marquises.
Monsieur le ministre, ces interrogations sont d’autant plus légitimes que notre Assemblée a adopté, à travers le Schéma d’aménagement général de la Polynésie française de 2020, une orientation particulièrement ambitieuse pour l’aéroport de Nuku A Taha/Terre Déserte. Le SAGE identifiait déjà les nombreux prérequis indispensables à cette évolution, comme l’allongement de la piste, l’extension de l’aérogare, la mise en place des services de secours et de lutte contre l’incendie, le renforcement des dispositifs de sûreté, de police aux frontières et de biosécurité, ainsi que la mobilisation de moyens humains et financiers conséquents, et insistait sur l’urgence d’engager une étude de faisabilité.
Cinq années après l’adoption du SAGE, quels sont les résultats de cette étude ? Monsieur le ministre, ces interrogations sont d’autant plus fondées que, dans une publication diffusée sur la page Facebook du Président le 15 octobre dernier, il a confirmé la présentation synthétique des résultats d’une nouvelle étude prospective, conduite à la suite d’une convention conclue avec l’État en 2024. Le Président indiquait alors que cette étude, plus complète que les quatre précédentes, examinait trois scénarios, entre un aéroport international, une plateforme régionale capable d’accueillir des
avions à réaction moyen-courriers ou une amélioration de l’aéroport domestique existant. Il annonçait également une tournée d’information auprès des populations marquisiennes ainsi que celles résidant à Tahiti. Huit mois après cette annonce, où en est-on de la consultation citoyenne promise ?
Monsieur le ministre, ces interrogations sont d’autant plus importantes que les décisions qui seront prises dans ce dossier engageront durablement l’action publique et les finances de notre Pays. Or, à ce jour, notre Assemblée ne dispose ni des conclusions détaillées des études réalisées, ni des évaluations financières associées aux différents scénarios envisagés. Toutes ces questions méritent des réponses circonstanciées.
Monsieur le ministre, au final, la question n’est pas uniquement de savoir quel aéroport construire aux Marquises. La véritable question est de connaître la vision d’aménagement du territoire portée par le gouvernement pour cet archipel et de savoir si ce projet constitue réellement une priorité stratégique pour notre Pays.
Je vous remercie.
Illustration générée par l’IA
![]()