24 septembre 2026

Résolution ONU: oui à une démarche d’information, pas un choix institutionnel

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A l’ordre du jour de la deuxième séance de la session budgétaire, ce jeudi 24 septembre à Tarahoi, les élus ont eu à se prononcer sur une proposition de résolution relative à la mise en oeuvre effective du processus d’autodétermination de la Polynésie française sous l’égide de Nations Unies.

Le texte, bien que profondément amendé en cours de séance, a été adopté à une large majorité des représentants, cinquante-quatre voix « pour » et deux abstentions.

Pour le compte du Tapura huiraaatira (parti autonomiste), c’est son président, Edouard Fritch, qui est venu défendre cette démarche que nous pourrions résumer en ces termes: oui à une mission d’information menée par l’ONU, non à un choix institutionnel.

En revanche, A Here Ia Porinetia (élus non-inscrits), par la voix de Nuihau Laurey, s’est abstenu sur ce texte. Hinamoeura Cross-Morgant a pour sa part soutenu cette résolution, tout en exprimant le souhait d’engager un travail d’information et d’explication avec la population. Tematai Legayic pour A Fano Ti’a, puis Antony Géros, chef de file du Tavini huiraatira, canal historique, ont refermé la marche. « Notre choix est celui du dialogue », a indiqué l’actuel locataire du perchoir qui, en l’absence d’Oscar Temaru qui n’a donné aucune procuration, entend reprendre le flambeau de la « décolonisation », terme que ne partagent pas les co-signataires. Quant à Steve Chailloux, il a vertement taclé le chef de l’exécutif local (absent) en déclarant à l’attention de Vanina Crolas, ministre de l’Emploi: « Vous êtes très courageuse, Madame, de lire un discours qui n’est pas le votre, mais celui d’un président absent ».

Voici quelques extraits de l’intervention prononcée dans l’hémicycle par Edouard Fritch:

« Je veux le dire clairement, dès les premiers mots de cette intervention : le groupe Tapura Huiraatira aborde ce texte dans un esprit d’exigence. Une résolution de cette nature engage l’image de notre Assemblée, la parole de la Polynésie française, et, au-delà, la manière dont notre Pays est perçu par ceux qui nous regardent de l’extérieur. Une telle responsabilité mérite que chaque mot soit pesé, que chaque formulation soit interrogée, et que le texte final soit un texte que notre Assemblée, par-delà non sensibilités sensibilités, puisse porter avec la même conviction. C’est le sens de cette intervention : vous en exposer la logique d’ensemble, avant d’en détailler le contenu. Mon propos tient en un mot : nous avons accepté une démarche d’information, pas un choix institutionnel.

Nous voulons être très clairs : le Tapura Huiraatira n’a pas changé de position. Nous défendons une autonomie responsable et renforcée au sein de la République française. Je l’ai dit et je le redis régulièrement et de manière constante durant cette campagne.

(…)

Notre co-signature de cette résolution ne signifie donc pas que nous adhérons à l’indépendance, ni que nous considérons qu’elle serait l’issue souhaitable ou inévitable pour la Polynésie. Elle ne signifie pas davantage que nous entendons engager aujourd’hui un quelconque processus d’autodétermination.

(…)

Mesdames et Messieurs, nous avons recentré cette résolution sur son objet le plus concret et le plus consensuel : la demande d’une mission de visite conjointe en Polynésie française. Cette mission, nous la voulons organisée avec l’accord de l’État, et non contre lui. Nous voulons que cette mission puisse venir constater directement notre réalité politique, institutionnelle, économique, sociale et culturelle, et entendre les institutions, les élus, les différentes sensibilités politiques ainsi que les composantes de la société polynésienne.

Nous ne demandons pas à l’ONU de choisir pour nous. Nous lui demandons d’abord de venir écouter, de regarder et de constater. Et nous ne voulons surtout pas préjuger de ce que devra être la suite. Le rapport de cette mission devra d’abord établir les faits. C’est à la lumière de ce rapport, et à ce moment-là, et seulement à ce moment-là, que pourra être examinée l’éventuelle suite à donner à cette démarche.

(…)

Pourquoi ? Parce que nous considérons qu’il vaut mieux que les faits soient constatés directement que de laisser chacun parler de la Polynésie à distance, à partir de perceptions différentes ou de récits parfois contradictoires. Nous n’avons rien à cacher. Nous sommes prêts à ce que soient examinées notre situation politique, institutionnelle, économique, sociale et culturelle. Nous sommes prêts à ce que soient entendus les institutions du Pays, les élus, les communes, les différentes sensibilités politiques, les acteurs économiques et sociaux, la société civile et, plus largement, la population.

(…)

Cette mission ne doit préjuger de rien. Elle ne doit conduire aujourd’hui à arrêter une procédure, un calendrier ou un quelconque processus institutionnel. Elle ne doit pas davantage conduire les Nations Unies à déterminer à la place de la population de Polynésie française ce que doit être son avenir. Nous ne voulons pas écrire aujourd’hui la suite d’une histoire que nous ne connaissons pas encore. Nous voulons d’abord connaître les faits.

(…)

Nous sommes un parti autonomiste. Nous défendons une autonomie responsable au sein de la République française. Notre vote sur cette résolution amendée ne vaut pas adhésion à une option particulière concernant l’avenir institutionnel de la Polynésie française.

L’adhésion à cette résolution ne saurait être interprétée comme une adhésion à une option particulière, ni comme une remise en cause du statut actuel de la Polynésie française au sein de la République.

Nous avons donc voulu lever toute ambiguïté. Signer cette résolution ne signifie pas choisir l’indépendance. Signer cette résolution ne signifie pas engager un processus d’autodétermination. Signer cette résolution signifie demander qu’une mission de visite puisse venir constater la réalité polynésienne. C’est tout.

(…)

Parler de l’avenir institutionnel de la Polynésie ne signifie pas que nous sommes en conflit. Écouter les indépendantistes ne signifie pas que nous partageons leur projet. Faire entendre la voix des autonomistes ne signifie pas que nous refusons le débat. Le dialogue n’est pas une faiblesse. C’est une force lorsque chacun accepte d’écouter l’autre sans renoncer à ses convictions. Nous voulons donc que ce débat puisse avoir lieu dans la paix, dans le respect des uns et des autres, et dans le respect de la population polynésienne. »

Photo d’archives

 

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