Sénat: le RN aura son groupe
Lentement mais sûrement, le Rassemblement national gagne du terrain dans les institutions de la République.
Qui se souvient que jusqu’en 2022, le parti d’extrême droite ne disposait de groupe ni à l’Assemblée nationale ni au Sénat ? Depuis dimanche, ce retard est comblé ; jusqu’à quinze sénateurs ont été élus un peu partout en France, portés par d’importants gains aux municipales et aidés par l’alliance avec l’UDR d’Éric Ciotti.
« Une victoire historique » pour Marine Le Pen. « Les résultats vont au-delà de ce que nous pouvions espérer, la percée est générale », selon elle. « Un élément de plus dans la conquête du pouvoir », a estimé le député du Nord Sébastien Chenu. Depuis la Seyne-sur-Mer, Jordan Bardella s’est dit « ravi et enthousiaste » de cette « étape supplémentaire de l’enracinement » de son parti. Dans le Var, dans les Bouches-du-Rhône, dans l’Hérault, dans les Alpes-Maritimes ou dans le Gard, les victoires sont en réalité très localisées. Elles se font principalement dans des fiefs… et au détriment de la droite. Mais qu’importe : toute victoire est bonne à engranger. Et à mettre en scène.
Car cette entrée au Sénat s’accompagne de tout un récit. Pour le RN, ces bons scores aux sénatoriales seraient le signe d’une dynamique, à sept mois de l’élection présidentielle. Plusieurs cadres ont d’ailleurs fait le lien avec 2027. Jordan Bardella a ainsi vu dans l’élection surprise d’un sénateur en Seine-Maritime les prémices d’une « recomposition future » à droite et à l’extrême droite. « Il est évident que beaucoup d’élus proches des Républicains ont voté pour le Rassemblement national », a-t-il déclaré, réitérant comme à chaque fois sa volonté de « tendre la main aux patriotes sincères ».
Mais au-delà de l’effet « dynamique » et de la progression indéniable du RN élection après élection, que va réellement changer l’arrivée d’un nouveau groupe au Sénat ? En réalité, pas grand-chose. D’abord parce que les sénateurs estampillés RN-UDR ne seront « que » 15, et qu’à 15, il est très difficile d’impulser quoi que ce soit. Il n’y a qu’à se rappeler que les communistes sont 18, et qu’ils sont loin de dominer la Chambre haute (ni le jeu politique).
Ensuite parce que les grands équilibres n’ont pas changé. La majorité sénatoriale (droite et centre réunis) reste la même avec 202 sièges sur 348. Nul besoin, donc, pour LR d’aller négocier avec le RN.
Source: HuffPost – Yahoo actualités
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