30 septembre 2022

Taravao-Papeete par la mer plutôt que par la route…

Améliorer et développer les modes de transport figurent parmi les objectifs majeurs des politiques publiques du Gouvernement, apprend t-on dans le dernier communiqué du conseil des ministres.

Les déplacements, depuis les communes périphériques de Papeete mais aussi depuis la presqu’ile, ont considérablement évolué, ce qui n’est pas sans conséquence dans la vie quotidienne de notre population.

Si on considère la forte demande de transport tant pour les déplacements des personnes que pour les marchandises, la desserte de la presqu’ile pourrait être un marché potentiel de transport régulier par voie maritime. Il s’agit d’envisager une alternative au seul trafic routier qui arrive à saturation avec les contraintes et inconvénients divers (sécuritaire, environnementaux, etc.) et ce afin d’accompagner les plans de développement des communes de la presqu’île.

Source de débat public médiatisé, la desserte maritime entre Papeete et la presqu’ile intéresse des porteurs de projets qui proposent des solutions de transport maritime. Des projets fleurissent pour démontrer le potentiel qu’offre la solution de transport maritime régulier depuis Taravao. Pour autant, le lancement de ces projets est conditionné à un accompagnement financier du Pays pour pallier les déficits d’exploitation prévisionnels.

C’est ainsi qu’une société annonce son intention de mettre sur la ligne un navire pour assurer le transport de passagers. Un autre opérateur porte un projet de deux navires à grande vitesse (NGV) passagers pour assurer la liaison Taravao-Papeete en sollicitant une délégation de service public. Il propose aussi, en actionnariat avec la communauté des communes Tereheamanu et des entreprises de la place, un projet de navire de charge pour une liaison maritime dédiée au transport de marchandises par conteneur.

Si l’opportunité de création de cette ligne maritime fait l’unanimité, il est nécessaire d’aborder le projet de manière coordonnée et raisonnée entre les différents opérateurs et les institutions concernées. Les communes, par exemple, sont parties prenantes au transport maritime. En effet, la mise en œuvre d’un service de transport maritime entre deux points d’une même commune, ou entres deux communes, relève de leur compétence.

L’ouverture d’une nouvelle ligne maritime, jamais exploitée à ce jour, exige de s’inscrire dans une gestion en mode « projet » dont les objectifs seront de définir le dimensionnement des moyens prenant en compte tous les éléments d’appréciation des coûts d’exploitation. En outre, la gestion du projet devra identifier les besoins, les coûts et les délais de construction ou d’aménagement des infrastructures, en particulier pour l’aménagement du débarcadère Tatutu dans la baie de Phaëton et/ou de lieux de parking.

L’absence ou l’insuffisance d’éléments de référence pour l’exploitation de cette ligne maritime constitue un obstacle à l’identification des besoins financiers permettant de définir, si tel est le choix retenu, un périmètre équilibré d’une délégation de service public. Les mouvements pendulaires liés au travail, aux loisirs, à la consommation, à la mobilité résidentielle, etc. forment une masse non négligeable entre Taravao et Papeete.

Le Gouvernement doit se positionner et statuer sur l’opportunité de cette desserte comme sur les besoins en financement en résultant. Une étude d’évaluation et de définition du besoin, à laquelle toutes les parties prenantes seront associées, complétée par une analyse financière ciblée, sera bientôt mise en place.

Son objectif est de déterminer le périmètre acceptable d’un financement public en considération des meilleures options de transport par voie maritime et ainsi répondre aux défis et perspectives à long terme favorisant le développement harmonieux du transport maritime régulier et pérenne entre Taravao et Papeete.

extrait CM

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