Réforme du RNS: travailler plus pour payer plus d’impôts

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La réforme du RNS (Régime des nos salariés) portée par le gouvernement de Moetai Brotherson peine visiblement à convaincre, selon le Tapura huiraatira, qui dans un nouveau communiqué, enfonce le clou avec pour sentiment, pour beaucoup d’entre nous, « d’être encerclés et plumés de toutes parts ».
Depuis sa présentation, les contestations se multiplient parmi les travailleurs indépendants, les petits retraités, les épargnants et au sein du monde économique. La demande de retrait du texte exprimée par la CPME (ndlr: Confédération polynésienne des petites et moyennes entreprises) en est une illustration claire. Beaucoup de Polynésiens ont aujourd’hui le sentiment d’assister à une forme de confiscation de leurs efforts par la CPS et par le gouvernement, une double peine, comme confirmé par le Président des experts comptables.
Pendant des décennies, un principe clair a structuré notre Protection sociale généralisée : les cotisations sociales reposent d’abord sur le travail, pas sur le patrimoine. Or, avec la réforme Mercadal, on change de philosophie. Sous couvert d’«équité» et de lutte contre l’optimisation sociale, le gouvernement bascule vers une logique inédite en Polynésie : faire cotiser non seulement les revenus du travail, mais aussi une partie des revenus du patrimoine, en particulier les loyers et certains revenus de capital. En d’autres termes, cette réforme du RNS mêle cotisation sociale et imposition fiscale, plus lourde pour les classes moyennes patrimoniales et potentiellement moins acceptée par la population, alors même que la confiance est la condition première de la pérennité de notre système. En effet, pour de nombreux chefs d’entreprise et travailleurs indépendants, la pression devient étouffante. Entre les nouvelles taxes et cette réforme du RNS, beaucoup ont le sentiment d’être encerclés et plumés de toutes parts par le pouvoir.
Le message envoyé par le gouvernement est très clair et décourageant : travailler plus pour payer plus d’impôts, travailler plus pour gagner moins. Cette perception nourrit un profond sentiment d’injustice chez ceux qui créent de l’activité, prennent des risques et font vivre notre économie. Au fond, cette nouvelle réforme n’est rien d’autre que la facture salée d’une faute politique monumentale : la suppression de la TVA sociale en octobre 2023. Depuis, le gouvernement court derrière sa propre erreur… en multipliant les taxes, au détriment des ménages, des entreprises et de la confiance dans la parole publique. Après les hausses d’impôts au niveau du Pays, c’est désormais la CPS qui est sollicitée pour participer à cette spirale fiscale.
Cette politique fiscale permanente finit par envoyer un signal extrêmement dangereux : le travail et l’initiative sont pénalisés au lieu d’être encouragés. Dans une société qui se respecte, l’action publique doit récompenser le travail, la créativité et la production de richesses, mais en aucun cas organiser la confiscation des fruits de l’effort. Le progrès, le vrai, ce n’est pas d’étrangler un peu plus ceux qui se lèvent tôt, investissent et prennent des risques : c’est de libérer l’initiative, d’encourager le travail et de soutenir celles et ceux qui créent réellement de la richesse pour le pays, au lieu de les traiter comme des vaches à lait fiscales. Ces derniers jours, Moetai Brotherson et ses proches ont expliqué vouloir incarner un courant « souverainiste progressiste » face aux « souverainistes radicaux » autour de Oscar Temaru. Et lorsqu’une réforme pénalise le travail, fragilise les travailleurs indépendants et inquiète les entreprises, il est difficile d’y voir une politique progressiste. Sous couvert de progrès, ils organisent le décrochage du pays.

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