Crise sanitaire: tout faire pour éviter les licenciements

Les élus de l’assemblée de la Polynésie française, réunis jeudi en session extraordinaire, ont adopté à l’unanimité le renforcement du plan de sauvegarde des emplois fragilisés par la crise sanitaire.

L’ensemble des groupes politiques ont en effet apporté, dans leurs interventions, leur soutien unanime aux mesures prises par le Pays estimant qu’il fallait poursuivre l’accompagnement des entreprises polynésiennes et continuer à sauvegarder les emplois. L’ensemble de ces dispositions sera applicable au 1er mars prochain.

Mis en place en mars 2020, ce plan de sauvegarde qui visait au maintien des emplois dans le cadre de l’arrêt puis de la baisse de l’activité économique dûs au confinement et à la fermeture des frontières, a fait l’objet de propositions de renforcement de la ministre du Tourisme et du travail, Nicole Bouteau, à l’occasion d’un séminaire gouvernemental.

Comme l’a rappelée le président du Pays à l’occasion de son allocution, « Aujourd’hui, la fermeture de nos frontières impacte les mêmes secteurs et ont les mêmes effets que ceux constatés en 2020, mais à la différence que l’arrêt des activités s’abat sur des secteurs et des entreprises déjà fragilisées durant l’année 2020. »  Il était nécessaire de mobiliser de nouveaux moyens, de renforcer et aménager les dispositifs d’aides exceptionnelles à l’emploi et de prolonger la durée d’application de ces mesures au 30 juin prochain au lieu du 31 mars aujourd’hui. Ces dispositifs ne peuvent, en effet, être activés que durant des périodes de crise revêtant un caractère inattendu et de gravité extrême. Ils sont par ailleurs restreints à certains secteurs d’activité jugés prioritaires comme le tourisme et l’aérien.

L’objectif est de nouveau de n’oublier aucun public: salariés, travailleurs indépendants, licenciés économiques mais également les personnes les plus vulnérables.

Mis en place à la sortie du confinement et destiné à soutenir le redémarrage de l’économie, le DIESE est destiné à soutenir les entreprises qui ont réduit ou cessé temporairement toute activité par une aide financière permettant de compenser la perte de salaire des salariés impactés par la baisse du temps de travail. Ce dispositif, dont le niveau d’aide a été relevé en janvier dernier sera désormais assujetti aux charges sociales, prises en charge par le Pays. Concernant le DESETI qui lui est destiné aux travailleurs indépendants, les représentants ont soutenu la proposition du gouvernement qui vise à compenser également la perte de revenus des travailleurs indépendants contraints de cesser temporairement leur activité du fait de la crise, et non plus uniquement l’arrêt de leur activité. L’indemnité mensuelle en cas de cessation partielle d’activité s’élèvera à 60 000 Fcfp. Par ailleurs, le montant de l’aide pour une cessation totale actuellement fixé à 70 000 Fcfp va être relevé à 100 000 Fcfp.

La situation financière des entreprises qui était très bonne début 2020, du fait de l’embellie économique de ces dernières années, n’est plus la même un an après. Beaucoup se sont endettées et ne disposent plus de la trésorerie nécessaire pour faire face. Cette nouvelle crise risque malheureusement d’entraîner des licenciements économiques. La Polynésie ne disposant pas de caisse de chômage, il est proposé de manière exceptionnelle de réactiver le dispositif « Indemnité exceptionnelle » (IE) mis en place durant le confinement en mars 2020. Il permettra le versement d’une indemnité aux salariés qui se verraient licenciés pour des raisons économiques sur une période de trois mois, cette période pouvant être renouvelée une fois. L’aide financière sera modulée en fonction des niveaux de salaires.

La CAES, renommée CIS (convention d’insertion sociale), est également réactivée. Amortisseur social, ce dispositif de solidarité permet de verser au bénéficiaire qui ne dispose d’aucun revenu une aide forfaitaire mensuelle sur une durée de 3 mois, renouvelable une fois, en contrepartie de sa participation à des travaux d’intérêt général et de solidarité. Ces quatre dispositifs devraient répondre rapidement aux impacts économiques qui découleront indéniablement des restrictions nouvelles. Le surcoût pour trois mois a été estimé à 8 milliards Fcfp dans le scénario le plus dégradé.

Enfin, l’Assemblée de Polynésie a approuvé la reconduction à titre dérogatoire du taux d’obligation d’emploi des entreprises à 2% pour l’année 2021. Ce dernier devait passer à 4% au 1er janvier dernier. Cette mesure, qui va également participer à soulager la trésorerie des entreprises, était attendue par les représentations patronales. Consciente des difficultés que rencontrent les entreprises polynésiennes, la fédération Te Niu o te Huma, présidée par Henriette Kamia, a soutenu cette proposition. Cette nouvelle période transitoire permettra de poursuivre les travaux sur l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés, l’objectif  étant d’optimiser leurs conditions d’embauche sans mettre à mal les entreprises locales.

Source: Gouvernement

 

 

 

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