31 octobre 2020

E. Fritch ce matin à l’assemblée: « Nous avons plus que jamais besoin de renforcer les amortisseurs sociaux »

L’ouverture, ce jeudi matin, de la session budgétaire de notre assemblée a été l’occasion notamment pour le président du Pays, Edouard Fritch, de faire le point sur la situation économique et financière du Pays.

Nous reproduisons ci-dessous une partie de son allocution tournée vers l’avenir.

(…) Vous l’avez constaté comme moi, bien que nous ayons agi très tôt, en rouvrant nos frontières, les entreprises portent et porteront encore longtemps les stigmates de cette crise. De nombreux emplois restent encore, aujourd’hui, menacés.

J’avais demandé à notre ancien Vice-président, Teva Rohfritsch, que je tiens à saluer pour son implication, de coordonner les travaux du gouvernement pour élaborer un plan de relance ambitieux.

Ce plan n’a d’autre ambition que de permettre à chacun de nos concitoyens, et à chacune de nos entreprises, de passer dans les meilleures conditions possibles ce cap difficile et d’être prêts à rebondir dès que la tendance sera favorable.

Ce plan comporte plus de 200 mesures. Il représente une dépense annuelle spécifique de plus de 60 milliards de F CFP. Certaines mesures ont déjà fait l’objet d’un examen favorable par votre Assemblée, ou par le Conseil des Ministres, d’autres sont encore en préparation et seront soumises à votre vote, prochainement.

Ce plan s’articule autour de deux idées forces :

Anticiper : c’est-à-dire soutenir l’économie et l’emploi, pour maintenir opérationnel l’appareil de production ;

Et traiter : c’est à dire renforcer la solidarité envers tous ceux qui souffrent afin de préserver les équilibres sociaux.

La priorité sera clairement donnée à la sauvegarde des emplois et des compétences à l’intérieur des entreprises. Il est toujours moins coûteux et plus facile de maintenir une compétence active que de créer un nouvel emploi, tout en soutenant ceux qui en cherchent un. Nous devons, à tout prix, préserver nos emplois pour être prêts lorsque les conditions sanitaires se seront améliorées.

Bien évidemment, ce plan de relance consacre une partie importante de ses mesures et de son budget prévisionnel à l’exercice de la solidarité envers les Polynésiens qui ont subi les effets de cette crise.

Les dispositifs comme le DIESE, le DESETI ou le CSE, seront, ajustés et même renforcés si c’est nécessaire, en concertation avec les partenaires sociaux.

Nous nous organisons pour accélérer et amplifier la commande publique. Adaptation du Code des Marchés Publics et mobilisation de l’administration en seront les deux piliers…

De nouvelles mesures viendront aussi soutenir la consommation des ménages et des entreprises.

Chacune des filières économiques, non seulement le tourisme, mais aussi l’agriculture, l’économie bleue, l’énergie, le numérique, etc. est prise en compte dans le plan.

Les ministres ont travaillé au plus près des préoccupations de chacun des secteurs pour réajuster leurs programmes en fonction des difficultés particulières des acteurs économiques. Le ministre des finances assurera la coordination gouvernementale de la mise en œuvre du plan.

Dans le domaine de la solidarité, notre première priorité est de préserver l’équilibre des comptes sociaux. La crise a eu des effets calamiteux sur la trésorerie des régimes.

Comme je le disais tantôt, grâce au prêt de l’AFD garanti par l’Etat, nous avons remboursé par anticipation la totalité de la dette du FADES et un premier prêt de trésorerie a été consenti à la CPS. Je m’y engage devant vous : nous ferons ce qu’il faut pour éviter la faillite des régimes afin que les prestations sociales continuent d’être servies, en particulier celles qui vont aux plus nécessiteux d’entre nous.

En ces temps de crise, nous avons plus que jamais besoin de renforcer les amortisseurs sociaux. En particulier les CAES qui se verront notamment confier des missions environnementales dans les communes. Nous ferons en sorte que les résidents des logements sociaux qui ont perdu leur emploi puissent faire face à leurs obligations de locataire et les moyens supplémentaires dont l’AISPF dispose pour accomplir ses missions en faveur des mal-logés seront maintenus le temps qu’il faudra.

Nous consoliderons aussi les dispositifs d’accompagnement des demandeurs d’emploi, en particulier pour ceux qui seraient victimes d’un plan social.

Les mesures en faveur de l’insertion professionnelle et de l’apprentissage seront revues pour les rendre encore plus efficace et attractifs.

Les programmes de prise en charge des sans domicile fixe, qu’il s’agisse du centre d’hébergement d’urgence, du centre d’accueil de jour ou des villages coopératifs de réinsertion sociale seront lancés au plus vite.

Enfin, les aides directes en faveur des plus démunis, en particulier les bons alimentaires dont les montants ont été augmentés à l’occasion des précédents collectifs, seront au moins maintenues à ce niveau, voire augmentées si nécessaire, jusqu’à ce que la situation s’améliore.

Nous avons prévu d’agir en collaboration avec les Maires de chacune des communes. Nous comptons sur leur expérience et sur leur parfaite connaissance de la situation de leurs administrés pour accroitre l’efficacité de notre action sociale.

Ce plan de relance a un coût très élevé, j’en conviens. Nous avons déjà, cette année, consommé une grande partie de nos réserves. Et si la situation devait se prolonger, il est possible que nous ayons des difficultés à faire face avec nos seuls moyens.

Mais je sais que nous pouvons compter sur le soutien de l’Etat. Le Ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, m’a déjà fait savoir qu’un second prêt pourrait nous être accordé, dans les mêmes conditions que le premier. Mais je n’y aurais recours qu’en cas d’extrême nécessité car je ne souhaite pas infliger à nos enfants, durant des décennies, des dettes qui pénaliseraient leur avenir et le développement.

Si les conditions sanitaires le permettent, je me rendrai à Paris à la fin de ce mois pour discuter, avec le gouvernement central, de la place réservée à la Polynésie française dans le plan de relance national. Il nous faut d’ores et déjà discuter du renouvellement des différents contrats et conventions qui prennent fin cette année.

Et dès à présent, nous travaillons activement, avec Monsieur le Haut-commissaire, à la construction d’un nouveau partenariat durable et mutuellement bénéfique. Je ne doute pas que nous aboutirons rapidement, j’espère avant la fin de cette année.

Mesdames et Messieurs les Représentants, chers amis, la route qui est devant nous est encore ardue. Beaucoup d’incertitudes pèsent encore sur notre avenir et, malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de tout maîtriser. Mais j’ai confiance en mon Pays. J’ai confiance en la capacité des Polynésiens, en leur volonté, en leur capacité de s’unir et de faire front quand les vents sont mauvais.

Il appartient aux femmes et aux hommes politiques que nous sommes de tenir fermement la barre et de garder le cap.

Il nous appartient de faire en sorte que chaque Polynésien trouve en nos actions des raisons de croire en un lendemain meilleur et des raisons de se battre pour son avenir.

Ce nouveau gouvernement rafraîchi sera à la tâche dès aujourd’hui.

Nous redresserons, ensemble, notre Pays, avec la même détermination, la même ferveur et la même volonté que celles que nous avions manifestées depuis septembre 2014.

Nous avons des atouts puisque nous avons d’une part, l’expérience acquise ces dernières années avec succès, et d’autre part, l’appui constructif de l’Etat et des maires.

Nous ne pouvons que réussir, si nous restons unis, solidaires et animés par le bien commun.

Je vous remercie.

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