2 juillet 2026

Essais nucléaires: toujours le rétroviseur et une demande de pardon

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Le 2 juillet 1966, la France procéda au premier tir nucléaire expérimental en milieu atmosphérique sur l’atoll de Moruroa. Il n’en fallait pas davantage pour que soixante ans plus tard, l’assemblée de la Polynésie française provoque une commission des Institutions pour demander « pardon » aux Polynésiens.

Tout est dans le symbole. Et dans la faculté qu’a le parti indépendantiste, le Tavini huiraatira, d’entretenir la flamme auprès de ses troupes. Coûte que coûte! Quitte à passer en force…

En ce jeudi après-midi, en effet, les membres  de la commission des Institutions présidée par Mitema Tapati sont convoqués en urgence, hors des délais légaux, pour statuer sur une proposition de délibération inédite, introduite par Antony Géros en personne.

Il s’agit pour l’actuel locataire du perchoir de faire reconnaître, officiellement, « la responsabilité politique historique » de l’institution qu’il préside dans le processus ayant conduit à trente années d’expérimentations nucléaires françaises aux Tuamotu.

Et d’expliquer dans le rapport de présentation du texte que l’APF d’aujourd’hui est « l’héritière directe » de l’Assemblée territoriale de l’époque, celle qui, le 6 février 1964, réunie sous le format de la commission permanente, a voté favorablement (trois voix pour contre deux défavorables) pour la cession des atolls de Moruroa et de Fangataufa aux Ministre de la Défense de la République française.

Un vote sous la contrainte, comme le rappelle également le rapporteur, puisque sur la foi du témoignage de Jacques Denis Drollet, alors membre élu de l’Assemblée territoriale, une délégation polynésienne avait alors été convoquée à Paris pour s’entendre dire par le général de Gaulle que si la Polynésie française rejetait la demande de transfert, celle-ci « deviendrait territoire stratégique militaire doté d’un gouvernement militaire ».

C’est donc dans ce contexte que la proposition de délibération entend reconnaître la responsabilité de l’institution et ainsi « rendre justice aux générations de Polynésiens qui ont vécu, souffert et péri dans l’ignorance et le silence », peut-on encore lire dans l’exposé des motifs.

A croire que la collectivité et une partie de ses élus ne parviennent pas à détourner le regard du rétroviseur, les empêchant du même coup de se projeter vers l’avenir et de faire front aux nouveaux défis.

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