28 novembre 2021

Evacuation sanitaire inter-îles: l’assemblée en mission

Du 19 septembre 2019 au 10 mars 2020, l’assemblée de la Polynésie française a conduit une mission d’information portant sur les conditions de prise en charge des patients bénéficiant d’une évacuation sanitaire inter-îles.

Tout Polynésien, qu’il réside à Tahiti, Tubuai (Australes), Makemo (Tuamotu) ou Fatu-Hiva (Marquises), devrait pouvoir prétendre à un égal accès aux soins. Ce qui n’est pas toujours le cas…

Rappelons d’emblée que sur les 270 000 habitants que compte la Polynésie française, 13% d’entre eux sont établis dans ce que l’on a coutume d’appeler les « archipels éloignés » où la qualité des infrastructures sanitaires et autres… induit parfois – à tort ou à raison – un sentiment d’abandon. Quant bien même de sensibles améliorations ont été apportées depuis, à l’instar des deux hélicoptères basés à Nuku-Hiva à la suite du décès tragique d’un enfant en bas âge…

Toujours est-il qu’en cas de problèmes graves de santé, nos concitoyens peuvent avoir recours à une évacuation sanitaire vers Papeete, qu’elle soit programmée (dans le cadre d’un traitement par exemple) ou urgente.

Selon le rapport présenté ces jours-ci par les représentantes Eliane Tevaahitua (Tavini) et Sylvana Puhetini (Tapura), il ressort qu’une centaine d’évasans interinsulaires sont organisées chaque jour; une dépense conséquente pour la Caisse de prévoyance sociale (CPS), en hausse constante de 3% en moyenne chaque année, pour atteindre en 2020 une enveloppe de 1,7 milliard de Fcfp. L’uronéphrologie (problèmes rénaux), l’orthopédie, la neurologie et l’ophtalmologie sont les principaux motifs d’évasans dans nos îles.

Six mois durant, les élus ont donc mené d’importantes investigations, au travers de déplacements sur le terrain ou d’auditions, totalisant 110 heures d’échanges avec 438 interlocuteurs.

De leur rapport, il en résulte un grand nombre de préconisations à l’attention des pouvoirs publics. Comme par exemple celle qui consisterait à « redéployer les médecins de la subdivision des Tuamotu-Gambier, basés à Papeete, dans les formations sanitaires isolées de ces archipels » ou encore à « programmer des consultations avancées de médecins généralistes dans les îles dépourvues de centres médicaux ».

La problématique n’est pas nouvelle! En métropole, nous connaissons aussi les « déserts médicaux » où personne ne veut aller travailler car pas suffisamment rentables pour les nouveaux diplômés…C’est pourquoi, les rapporteurs insistent également sur la nécessité « d’indemniser, à leur juste valeur et en fonction de leur niveau de responsabilité et de leur temps de travail, les personnels de santé exerçant en poste isolé dans les îles… » Par ailleurs, les rapporteurs exhortent l’Etat à assumer ses obligations, quant bien même la Santé est de compétence locale! En l’occurrence, ils demandent que les « évasans urgentes effectuées par l’Armée soient imputées intégralement sur le budget de l’Etat » ou encore « d’augmenter la contribution de l’Etat au fonds de continuité du transport insulaire sanitaire ».

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