Explosion du coût du fret maritime en Polynésie: la CMA-CGM en tire les profits

L’envolée du coût du fret international (maritime et aérien) en Polynésie française de 2015 à 2021, est bien antérieure à la crise du covid, ou la guerre en Ukraine, comme le révèle la dernière étude de l’Institut de la statistique (ISPf) sur le sujet.

Une donnée, tout d’abord, qu’il faut bien garder à l’esprit: « Comme en 2015, 99% du volume des marchandises ont été importées par bateau en 2021, atteignant un poids de 811 000 tonnes et une valeur de 168 milliards de Fcfp ». Nous sommes donc entre les mains de ces géants des mers qui relient les grands ports mondiaux au petit port de Papeete, au beau milieu du Pacifique.

Autre constat: « Depuis 2015, le coût du fret maritime au kilogramme a progressé constamment (+43% en six ans) et cela en partie indépendamment de la distance de transport (+28% du coût au kilomètre) pour s’élever à 38 Fcfp en 2021 ».

Et l’ISPF d’aller plus loin dans ses conclusions: « Le coût du transport des marchandises provenant d’Amérique du nord (essentiellement ds biens agricoles et des industries agroalimentaires) est trois fois plus cher en moyenne par kilogramme et par kilomètre parcouru, que pour celles originaires d’Asie (essentiellement des biens intermédiaires et énergétiques) ».

Le 27 avril, sur les antennes de Radio 1, le président Fritch a pris toute la mesure de cette problématique. Aussi, sur le modèle ayant permis l’avènement d’une compagnie aérienne dédiée, Air Tahiti Nui, afin d’assurer un flux de passagers régulier et pérenne pour la destination polynésienne, l’idée pourrait être transposée au transport maritime international: «Pour essayer de retrouver une part de contrôle sur les facteurs exogènes de la cherté de la vie, le Pays réfléchit depuis le mois dernier à la création d’une compagnie maritime qui puisse aller en Nouvelle-Zélande, véritable goulot d’étranglement où l’approvisionnement de la Polynésie est soumis à la règle du plus gros chèque », a indiqué le chef de l’exécutif local.

En attendant, c’est la compagnie CMA-CGM qui rigole et distribue de juteux dividendes pour ses actionnaires après avoir réalisé un bénéfice net de 18 milliards de dollars, l’an dernier. « Qu’un groupe pétrolier français tel TotalEnergies engrange des profits jamais vus depuis au moins quinze ans l’an passé, portés par la reprise fulgurante post-Covid, est déjà une performance. Et qu’un armateur français vienne égaler ce résultat – tandis que les chaînes logistiques souffrent encore de commandes en accordéon en raison de la pandémie -, le chiffre est encore plus surprenant », pouvait-on lire le 7 mars dernier sur Yahoo actualités.

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