22 septembre 2026

L’Etat français s’appauvrit, pas ses fonctionnaires !

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Le rapport de l’Inspection générale des finances et de l’Inspection générale de l’administration, remis le 24 juillet 2026, recense 543 primes et indemnités en vigueur en 2025 dans la fonction publique de l’État.
Leur coût est passé de 11,8 à 19,1 milliards€ par an entre 2015 et 2025, soit +61,8%. Elles pèsent désormais 25% de la rémunération des agents de l’État, contre 20% 10 ans plus tôt. Le nombre de primes a baissé (628 en 2015), la facture, elle, a explosé.
Le cas le plus frappant, c’est l’indemnité de résidence à l’étranger. 6 299 agents se partagent 486 millions € par an (environ 58 milliards de Fcfp), soit 77 000€ bruts (un peu plus de 9 millions de Fcfp) par personne et par an en moyenne, en plus du salaire, et exonérés d’impôt sur le revenu.
À l’autre bout, l’absurde : 185 dispositifs concernent moins de 100 agents, et 22 primes versent moins de 100€ par an à chaque bénéficiaire. Leur gestion coûte parfois plus cher que les sommes distribuées. Au ministère des Affaires étrangères, les primes font 67% de la rémunération ; à l’Éducation nationale, 19%.
Chaque automne, le même discours. Il faut faire des efforts, il faut réduire la dépense, il faut que chacun participe. Et pendant ce temps, l’État s’est fabriqué un système de rémunération que même ses propres inspecteurs jugent illisible : 543 lignes de primes que ses propres inspecteurs jugent illisibles.
Le rapport ne parle pas de fraude. Il parle de complexité, de dispositifs à regrouper, de primes dont la gestion coûte plus que ce qu’elles versent. C’est presque pire : personne n’a triché, et la facture monte quand même toute seule, année après année.
Un salarié du privé qui touche une prime la déclare au fisc comme le reste de son salaire. Un agent en poste à l’étranger touche 77 000€ bruts par an en moyenne, en plus de son salaire, sans impôt sur le revenu. Deux poids, deux mesures, payés par le même contribuable.
Le rapport a été remis fin juillet. La rentrée budgétaire, elle, va encore demander des efforts aux Français. Il serait temps que l’État commence par les siens.
19,1 milliards€ de primes par an, c’est justifié ? Faut-il supprimer les primes que personne ne sait expliquer ?

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