21 septembre 2026

L’ONU en Polynésie française pour que « les faits parlent »

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Dans un communiqué envoyé samedi aux médias, le parti autonomiste Tapura huiraatira réaffirme sa demande d’une mission d’information de l’ONU en Polynésie française afin que « les faits parlent ».

Dès octobre 2019, le président Édouard Fritch avait demandé à l’ONU d’organiser une mission d’information en Polynésie française.

Cette demande n’est donc ni nouvelle, ni circonstancielle. Les déclarations des Nations unies rappellent elles-mêmes que le président Edouard Fritch avait invité le Comité spécial à envoyer une mission de visite en Polynésie. Aujourd’hui, le Tapura Huiraatira réaffirme cette position. Nous souhaitons que la situation institutionnelle, politique, humaine, économique et sociale de la Polynésie française puisse être examinée objectivement par les membres C24 de l’ONU.

C’est le sens fondamental de la résolution que le groupe Tapura Huiraatira a co-signée avec les autres groupes de l’Assemblée de la Polynésie française.

L’ONU doit constater, écouter et établir les faits

Pour le Tapura Huiraatira, une mission d’information des Nations unies ne doit pas être conçue comme une mission venant prendre position pour l’indépendance ou pour le maintien du statut actuel. Elle doit permettre de regarder la réalité polynésienne telle qu’elle est. Elle doit rencontrer les autonomistes comme les indépendantistes, les élus, les communes, les acteurs économiques et sociaux, la société civile et, surtout, écouter les Polynésiennes et les Polynésiens. Elle doit pouvoir examiner nos institutions, nos compétences, notre démocratie, notre économie, notre situation sociale et culturelle ainsi que nos relations avec la France.

Nous ne craignons pas qu’une telle mission examine également, de manière objective, si la Polynésie française présente aujourd’hui, ou non, les caractéristiques d’une situation coloniale. C’est précisément parce que nous avons confiance dans la réalité de notre pays que nous demandons que les faits soient établis.

L’autodétermination appartient au peuple polynésien

Présente à la commission des institutions de l’Assemblée de la Polynésie française, notre représentante Tepuaraurii Teriitahi l’a rappelé face à ses collègues indépendantistes : « Nous ne sommes pas dans un dialogue de décolonisation, mais plutôt dans un dialogue d’autodétermination. La nuance a son importance. » Cette distinction est essentielle.

Le président-fondateur du Tavini Huiraatira, Oscar Temaru, a fait une déclaration proclamant unilatéralement la « pleine souveraineté des États fédérés de Mā’ohi Nui », qu’il entend présenter devant la Commission des 24.

Nous respectons ceux qui défendent l’indépendance.  Mais, nous affirmons un principe simple : l’autodétermination appartient au peuple. L’avenir de la Polynésie ne peut être décidé unilatéralement par un homme ou par un parti. D’autant que la question de l’indépendance ne fait plus consensus et a provoqué une division du Tavini. Cette division démontre que la question de l’indépendance n’est plus une évidence pour tous les indépendantistes.

Nous ne craignons pas la vérité

Le Tapura Huiraatira ne demande pas à l’ONU de choisir pour les Polynésiens. Nous lui demandons de venir constater notre réalité. De rencontrer toutes les sensibilités. D’écouter notre population. D’établir les faits.

La Polynésie française dispose aujourd’hui d’un niveau important d’autonomie. Elle doit pouvoir continuer à renforcer ses compétences, former sa jeunesse, développer son économie, valoriser ses ressources, renforcer ses communes et accroître progressivement sa capacité à financer ses propres politiques publiques.

Notre choix est celui d’une autonomie maximale, construite avec responsabilité, dans la République française. Nous refusons qu’un choix aussi fondamental soit décidé à la place du peuple polynésien.

C’est pourquoi le Tapura Huiraatira demande à nouveau que l’ONU vienne en Polynésie française. Qu’elle regarde notre réalité. Qu’elle écoute notre peuple. Qu’elle entende toutes les voix. Et que les faits parlent.

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