« Monseigneur Hubert Coppenrath a été un véritable guide spirituel pour notre Pays »

Je ne pouvais pas faire autrement que de saluer avec ce chant de la communauté catholique la mémoire de Monseigneur Hubert Coppenrath, archevêque émérite de Papeete qui nous a quitté hier soir dans sa 92 année, écrit le président Fritch dans son message de condoléances.

« Iaha’amaita’ihiatura o tehaeremarumai
I to Iesurai’oa, e here, e ha’amaita’ira
O ‘oeteepikopo no to matouvarua
Teti’aiti’a’au here tetamahanahana.
»

Iaora e te epikopo !

Mes pensées vont tout d’abord à sa famille, à son frère, à ses nièces. Je leur adresse mes plus sincères condoléances ainsi qu’à Monseigneur Jean Pierre Cottenceau archevêque de Papeete et à toute l’Eglise catholique de Polynésie française qui est aujourd’hui dans la peine.

Monseigneur Hubert Coppenrath a été un véritable guide spirituel pour notre Pays. Fidèle aux enseignements du Christ, il a été un exemple pour tous. Erudit, passionné de culture, il aimait passionnément son pays et le Peuple Polynésien dont il fut longtemps l’un des guides.

Il aimait aussi sa langue, la langue tahitienne, travaillant ainsi avec vigueur et passion à la préservation et au rayonnement de celle-ci, afin qu’elle soit aussi un vecteur important de la transmission de la parole, un vecteur de Foi et de spiritualité. Sensible a la communication par la langue maohi, il oeuvrera pour que la langue de son pays soit plus présente dans cette mission importante. Il fut installé à l’Académie tahitienne – Fare Vana’a le 2 juillet 1974 alors qu’il était curé de la cathédrale Papeete. En février 1975, il est membre du 1erToohitu du Fare vana’a aux côtés de MacoTevane, Elie Salmon, John Martin, Willy Lagarde, Geneviève ClarckCadousteau et Samuel Raapoto. L’Académie lui confie la commission de la langue tahitienne qu’il présidera jusqu’à ce jour. En juillet de la même année, il publie avec Paul Prevost la « Grammaire approfondie de la langue tahitienne (ancienne et moderne) ». Cette grammaire retravaillée au sein de l’Académie posait enfin les bases d’une langue tahitienne contemporaine et ouvrait une perspective vers la normalisation grammaticale de la langue tahitienne.

C’est ainsi que tel un apôtre, il était  au service de la Parole de Dieu, il a évangélisé la Polynésie, ici comme dans les iles. Inlassablement, il a sillonné nos archipels à la rencontre de celles et ceux qu’il considérait comme ses enfants. Son œuvre sera énorme et son héritage deviendra le socle de  l‘Eglise de demain. Il a réussi à introduire les chrétiens laïques dans la gestion de l’Eglise, par la formation et une préparation religieuse de ces diacres, catequita et autres tumu pure qui veilleront à l‘épanouissement de l’Eglise en Polynésie. Il a baptisé et confirmé des générations de fidèles, lui dont la devise était :« In SpirituSancto – Dans l’Esprit Saint »

Notre Pays perd un grand homme, généreux, sincère et discret, un théologien d’une profonde spiritualité. Père Hubert,comme tout le monde l’appelait, se souciait de tous et des jeunes en particulier pour lesquels il nourrissait une grande inquiétude face aux évolutions du monde et au bouleversement de la société polynésienne. Je garde dans mon cœur et dans ma mémoire le souvenir d’un Père nous invitant à revenir aux valeurs fondamentales de la Foi et de la Famille, les deux piliers, selon lui, qui permettront à la société Polynésienne d’évoluer sans se fracturer, tout en restant elle-même.

Licencié en théologie à l’Institut Catholique de Paris, ordonné prêtre de Papeete le 27 juin 1957, il sera nommé évêque coadjuteur le 21 novembre 1997, puis nommé archevêque par le Pape le 4 juin 1999, après que son frère Michel Coppenrath eut renoncé à sa charge. Il renoncera à son tour à la charge du diocèse de Papeete le 31 mars 2011 à l’âge de 80 ans, et redeviendra administrateur de Notre Dame de Papeete. Pour ce parcours exceptionnel et cet engagement sans faille au service de notre Pays et des chrétiens j’avais eu l’honneur de l’élever, à titre exceptionnel, au grade d’officier dans l’ordre de Tahiti Nui le 24 juin 2020.

La Polynésie chrétienne lui sera éternellement reconnaissante. Mgr Hubert était un saint Homme. Je salue l’homme et le grand serviteur de Dieu. Au nom de mon gouvernement, je me joins aux prières des Chrétiens de la Polynésie française qui l’accompagnent dans sa dernière demeure, où, j’en suis sur, l’attend le Père Eternel et tous ceux qui l’ont précédé.

Photo: actu.fr

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