Ouverture des Assises de la Santé ou comment mieux maîtriser nos dépenses

Ouverture, ce matin, des Assises de la Santé à l’occasion desquelles le président du Pays, Edouard Fritch, a rappelé que les prochains travaux devront intégrer une « impérieuse nécessité : celle de la maîtrise de nos dépenses de santé ».

Merci d’avoir répondu présent aujourd’hui pour ces Assises co-organisées par le ministre de l’Economie en charge de la Protection sociale, et le ministre de la Santé.

Je crois que vos professions n’avaient jamais été réunies à la Présidence sous cette forme. Pour la première fois dans l’histoire du Fenua, l’ensemble des acteurs de santé du Pays, les partenaires sociaux, sont rassemblés pour réfléchir collectivement.

Cette action s’inscrit dans mon souci de préserver et de renforcer notre modèle de protection sociale. C’est un modèle qui inclut toutes les familles et tous les Polynésiens. Personne n’est laissée au bord du chemin.

Notre modèle actuel date de 1995, soit 27 ans déjà, c’est-à-dire une génération.

Or, notre société change, le monde qui nous entoure change. Les mentalités évoluent. Ce qui apparaissait indispensable dans notre vie, il y a 27 ans, a changé de nature aujourd’hui.

Aussi, il est temps de réactualiser nos dispositifs et nos mesures, selon les attentes et les besoins qui collent à notre temps.

Ces assises vont permettre de mettre exergue ces nouveaux besoins et attentes.

À l’issue de ces Assises, les parties prenantes auront exprimé leur vision et pourront formuler des recommandations pour pérenniser notre système de santé.

Avant toute chose, laissez-moi vous témoigner ma gratitude à vous tous, soignants, médecins hospitaliers, libéraux, chercheurs, directeurs d’établissement ou d’organisme pour ces deux années de combat contre la pandémie et de sacrifice en première ligne.

La crise sanitaire que nous venons de traverser est très riche en enseignements. Elle a mis en exergue les forces et les faiblesses de notre modèle de santé. Après un tel bouleversement dans notre quotidien et notamment dans vos métiers, nous devons prendre le temps de la réflexion.

Ces Assises, dont l’organisation était actée dans le protocole de fin de grève générale du 29 novembre dernier étaient attendues de tout le monde. Nous voici réunis pour exprimer nos visions, communes ou divergentes, pour des évolutions nécessaires et obligatoires, pour que les dépenses de santé soient mieux maîtrisées, pour que l’offre de soin soit la même pour toutes les polynésiennes et tous les polynésiens, quel que soit l’endroit où ils se trouvent.

J’ai toujours privilégié le dialogue et les Assises de la Santé cultivent une ambition forte pour notre Fenua. Il s’agit de définir collectivement des politiques publiques de santé pour 280.000 habitants, sur un territoire qui s’étend sur plus de 5 millions de km2, le tout pour les 20 ou 30 prochaines années. Rien que ça !

Ces données doivent être traitées avec gravité, c’est la rectitude qui doit guider les concertations à venir.

Bien entendu, nous sommes conscients que les échanges seront francs, parfois fermes. Mais le Pays et les partenaires sociaux, les acteurs de la Santé, ont fait le pari de l’intelligence collective. C’est cette intelligence collective que nous devons faire vivre tout au long de ces Assises de la Santé.

Pour reprendre un terme médical, et je parle sous l’autorité de Jacques Raynal, il s’agit d’innerver le corps de santé en Polynésie, l’ensemble des professions médicales et paramédicales avec les organisations professionnelles, les administrations, les services compétents et chaque personne soucieuse de la Santé dans notre Pays. Il s’agira pour nous tous de pérenniser notre système de santé.

Nous ne pouvons que souscrire à cette méthode. Le sujet c’est la vie de notre population et parfois la réalité est difficile à accepter. C’est l’occasion pour nous de questionner notre rapport à la santé. Il s’agit de savoir quel est le modèle de santé que nous souhaitons léguer aux générations à venir. Malheureusement le coûte que coûte ne peut pas avoir sa place, car nous n’en avons plus les moyens, sauf à créer les conditions économiques et fiscales nouvelles pour y parvenir.

Plusieurs défis s’offrent à nous, nous devons en même temps adapter notre offre de soin avec la réalité de notre population et assurer une meilleure maîtrise de nos dépenses.

Cette réalité, c’est la suivante : le vieillissement de notre population, l’augmentation des longues maladies, ou bien encore les maladies comportementales au sein de notre population, comme l’obésité qui bat des records. Et en conséquence, une augmentation inexorable des dépenses de santé.

Cette réalité a un coût : 60 milliards Fcfp uniquement pour les régimes sociaux.

Ces faits doivent être traités avec gravité, ils nous imposent une rigueur intellectuelle stricte.

Suite à ces deux dernières années de crise, nos comptes sociaux ont été particulièrement affectés. Nous ne pouvons pas nous dérober.

Récemment, le Gouvernement a dû prendre des décisions difficiles car notre système de santé est au bord de l’effondrement. Les difficultés à venir du RGS sont anticipées, le RSPF connaît des tensions sur sa trésorerie.

Nous avons fait le choix de la responsabilité en faisant participer l’ensemble de la population à cet effort avec l’introduction de la Contribution pour la solidarité.

Oui, nous avons pris des décisions difficiles, nous avons fait preuve de sang-froid, car oui, la santé à un coût, un coût qui s’avère très important pour les actifs de notre Pays.

Ces décisions ne sont sans doute pas populaires, mais je suis intimement persuadé que notre population a parfaitement saisi le danger qui pesait sur notre protection sociale et qu’il convenait d’y remédier rapidement.

Malgré ce coût, notre Gouvernement garantit une offre de soin complète, de très bonne qualité pour chaque citoyen de ce pays. Que l’on se trouve aux Marquises ou bien aux Tuamotu, nous pouvons jouir d’une prise en charge de qualité.

La santé, c’est un bien commun, auquel notre population est très attachée, car il est accessible à tous.

C’est pour cela que nous devons aussi regarder derrière nous, penser à ces hommes et ces femmes qui ont tant fait pour ce pays, à toutes celles et ceux qui ont œuvré pour la santé en Polynésie.

Je disais que la santé a un coût, mais pour notre Gouvernement la santé n’a pas de prix ! Nous devons trouver un juste milieu pour préserver ce bien si précieux qu’est la santé.

Dès lors, vos prochains travaux doivent intégrer cette impérieuse nécessité : la maîtrise de nos dépenses de santé. Mais nous ne devons pas perdre de vue l’importance des efforts à faire en termes de prévention. Prévenir la maladie, ce sont des dépenses en moins.

Nous ne pouvons pas nous cacher derrière notre petit doigt ou bien faire peser cette charge sur les générations à venir.

Nous parlons de la santé de nos enfants, celle de nos aïeux. Nous ne pouvons pas faire l’économie de la réflexion. Il n’y a pas de solutions miracles, elles n’existent que dans les fictions. Il nous faut le courage de la remise en question.

Ainsi, je compte sur vous, vos expertises, vos constats pour poser les jalons d’un modèle de santé polynésien moderne, viable et solidaire. C’est précisément pour cela que nous sommes réunis, exprimez-vous, il vous appartient de poser votre pierre à l’édifice, agissons en bâtisseurs.

Les choix que nous prenons et assumons aujourd’hui engagent le Fenua de demain avec des conséquences très concrètes sur le quotidien de notre population.

Je vous sais soucieux de l’avenir de ce Pays et je suis rassuré de vous voir si nombreux pour cet événement d’une importance capitale pour notre avenir.

Je vous remercie,

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