Recrudescence préoccupante du « Mariri » dans plusieurs archipels
La ministre de la Santé a présenté une communication relative à la campagne de lutte contre la filariose lymphatique, qui se déploiera d’ici la fin de l’année 2026 à travers plusieurs actions.
La filariose lymphatique, appelée localement le mariri, est une maladie parasitaire endémique en Polynésie française. Longtemps considérée en voie d’élimination grâce aux campagnes de traitement menées ces dernières décennies, elle connaît aujourd’hui une recrudescence préoccupante dans plusieurs archipels.
Transmise par la piqûre d’un moustique infecté, la maladie peut provoquer, à terme, des gonflements chroniques des membres et dans les formes les plus graves, un éléphantiasis invalidant. Une personne infectée peut rester longtemps sans symptôme tout en continuant à transmettre le parasite.
Après plusieurs décennies de campagnes de traitement ayant permis d’entrer dans une phase de vigilance, le nombre de cas repart à la hausse : 65 nouveaux cas en 2023, 50 en 2024, 51 en 2025 et déjà 40 au premier semestre 2026. La maladie touche principalement les Îles Sous-le-Vent, les Îles du Vent et les Marquises Sud, mais aucun archipel n’est épargné. Une enquête à Tahaa a montré qu’environ 8 % de la population de l’île était atteinte.
Une campagne de distribution consiste à administrer un traitement préventif à l’ensemble de la population d’une zone concernée, les agents de la Direction de la santé se rendant directement au domicile des habitants et dans les écoles pour en assurer la distribution.
Face à cette situation, la Direction de la santé (DS), en partenariat avec l’OMS, a déjà mené des campagnes de distribution à Huahine (2023-2024), Moorea (2024-2025) et dans la vallée de Puamau, Hiva Oa (2025).
Plusieurs actions sont prévues l’année 2026 : une enquête de prévalence à Raiatea en septembre 2026 ; une campagne de distribution à Tahaa du 12 au 24 octobre 2026 ; une deuxième campagne dans la vallée de Puamau, Hiva Oa du 8 au 13 novembre 2026 et une enquête de prévalence à Tahiti, sous réserve du collectif budgétaire n° 3. Pour 2027, une deuxième campagne est prévue à Tahaa ainsi que des enquêtes de prévalence à Moorea, Huahine, Rikitea et Hiva Oa.
Un budget de 13,8 millions de F CFP est sollicité au collectif budgétaire n°3 pour financer ce dispositif. L’objectif est de maintenir une couverture médicamenteuse suffisante pour interrompre la transmission du parasite et poursuivre l’élimination de la maladie en Polynésie française.
extrait: Conseil des ministres
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