16 octobre 2026

ROB 2027: tenir le cap de la refondation ?

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C’est en tous cas la « grande » ambition affichée dans le Rapport d’orientation budgétaire (ROB 2027) que les élus à l’assemblée vont décortiquer, deux jours durant, les 19 et 20 octobre prochains.

Mais au delà des orientations budgétaires qui en découlent – et dont nous reparlerons plus abondamment dans les semaines qui viennent lors de l’examen du budget primitif – nous ne résistons pas au besoin de publier quelques extraits du document sensiblement marqué par l’idéologie Tavini huiraaatira. C’est ainsi que l’on apprend par exemple que « la colonisation a mutilé la chair de nos ancêtres, effacé la mémoire de ceux qui ont suivi et hantent les générations au présent » et que « nos dépendances » contribuent à « brutaliser nos terres, notre mer, nos enfants et tout ce qui y vit ».

Conclusion du plumitif de service qui s’est visiblement fait plaisir: « Nous subissons les assauts d’un nouvel ordre mondial qui émerge. La transition sera longue et il est important de tenir le cap de la refondation qui souffle depuis 2023. » Nous lui répondrons simplement que si la refondation était en marche, comme il le prétend, le parti indépendantiste n’aurait pas explosé en vol, au point de scinder en deux groupes sa propre majorité.

Extraits du chapitre « orientations retenues pour 2027 »:

Le monde s’apprête à connaître des révolutions qui changeront à jamais sa face. Sur le plan de la politique mondiale, l’hégémonie occidentale – celle des Etats-Unis vers l’Europe et leurs alliés – est remplacée par une concurrence féroce des économies qui sont devenues les armes des puissants pour recomposer le monde. Quels sont les maux qui expliquent nos dépendances, notre vulnérabilité, voire notre état de servitude face à un monde extérieur qui n’a de cesse de brutaliser nos terres, notre mer, nos enfants et tout ce qui y vit ?

Les conséquences vécues de la colonisation

La colonisation a mutilé la chair de nos ancêtres, effacé la mémoire de ceux qui ont suivi et hantent les générations au présent. Notre conscience de nous-même, en tant que peuple du monde et acteur du futur, doit être restaurée. La colonisation est la cause directe du fait que notre voix est marginalisée. Si notre voix n’existe pas ou ne retentit pas aux oreilles des autres Pays et des puissants, ce sont nos vies qui sont ignorées et passées sous silence.

La recomposition de l’ordre mondial se fait à nos dépens

Lorsque les USA décident de s’attaquer à toutes les routes maritimes du monde (Détroit d’Ormuz, Panama, Groenland, etc.), nous en sommes les victimes les plus directes. Nous devons, par exemple, faire le choix de positionner plusieurs milliards pour contenir les prix des produits de première nécessité au détriment de tous les secteurs qui en ont besoin comme la santé, l’éducation et les travaux publics dont l’activité économique dépend tant ; Lorsque la Russie devient importatrice nette de pétrole et que les marchés mondiaux anticipent que les prix des hydrocarbures ne baisseront pas avant plusieurs mois, voire plusieurs années, nous devons choisir entre maintenir les prix à la pompe – et littéralement brûler plus de 10 milliards F CFP en moins de deux ans rognant aussi sur les besoins – ou bien laisser les prix s’envoler pour nos citoyens et mettre en péril les activités économiques dont dépendent plusieurs milliers de polynésiens.

Nous subissons les assauts d’un nouvel ordre mondial qui émerge. La transition sera longue et il est important de tenir le cap de la refondation qui souffle depuis 2023.

Cyclones, dépressions et autres catastrophes climatiques s’amoncellent à nos portes Les nuages s’accumulent et grondent au loin. Elle est là l’urgence immédiate. Nous ne devons pas regarder ailleurs. Notre Histoire démontre nos capacités d’adaptation et ce qui va de nouveau les éprouver. Nous avons l’occasion d’envisager la politique autrement. C’est pourquoi, le gouvernement fait le choix de concentrer l’effort public pour 2027 et 2028 vers un principe qui nous rassemble tous : la
résilience. Ce principe s’articulera autour de quatre piliers : (I) la responsabilité, (II) la préparation et la résistance face aux crises exogènes (III) le maintien de l’activité économique et de l’emploi (VI) et le renforcement du maillage territorial et de la solidarité.

 

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