Taxe sucrée: « C’est chez Moetai!… »

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Nous n’avons de cesse de l’écrire depuis plusieurs semaines: le gouvernement Brotherson fait de la rétention d’information sur le rendement financier de la nouvelle taxe sur le sucre dont le taux de TVA est passé de 5 à 16% depuis plus d’un an.

En novembre 2025, lors d’une séance à l’assemblée de la Polynésie française, la représentante Cathy Puchon interpellait officiellement le ministre de l’Economie et des Finances, Warren Dexter, à propos de cette nouvelle imposition (+11% de TVA) sur le sucre décidée par le gouvernement.

Théoriquement, cette décision avait été prise pour des questions de santé. C’est bien connu, les Polynésiens abusent des produits transformés sucrés, source de nombreuses maladies cardiovasculaires. On le retrouve en trop grande quantité dans les chocolats, les gâteaux, les glaces, les sodas et autres jus…Raison de plus pour les en dissuader en renchérissant les prix. A contre-courant de la politique affichée dans les discours aux fins d’alléger le coût du panier de la ménagère…

Mais en réalité, ce gouvernement n’a que faire de la prévention ! En revanche, il a un sacré problème à régler: celui de l’équilibre des dépenses de santé, notamment depuis l’abandon du prélèvement du 1% social. Très critiqué à l’époque, la TVA sociale est considérée aujourd’hui par l’ensemble des partenaires sociaux, Patrick Galenon en tête, comme étant la moins mauvaise solution pour financer notre modèle social. 9 milliards de Fcfp sont à trouver chaque année pour équilibrer les comptes.

Lors de l’annonce du relèvement du taux de TVA sur le sucre, il avait été indiqué que le produit budgétaire estimatif serait de l’ordre de 2,4 milliards de Fcfp par an. Cet objectif a t-il été atteint ? Mais plus que tout, y a t-il eu un effet sur la consommation en magasin ? Dans le cas contraire, cette mesure n’aura en quelque sorte servi qu’à remplir les caisses du Pays et c’est justement ce que nous pouvons craindre…

Toujours est-il que depuis novembre 2025, Cathy Puchon et l’ensemble de la représentation territoriale n’ont, à ce jour, aucune idée précise des retombées pratiques et concrètes de cette mesure, si ce n’est de constater un renchérissement sensible des produits visés. Mais que l’on se rassure, le dossier (brûlant ?) serait entre de « bonnes mains ». Apparemment, « c’est chez Moetai (Brotherson) ! » a t-on appris sous le sceau de la confidence.

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