Réussite des prochains Jeux du Pacifique: le Tapura craint le pire…
Dans une question orale d’actualité posée ce mardi matin dans l’hémicycle par le représentant Tahuhu Maraeura (groupe Tapura huiraatira) à la nouvelle ministre de la Jeunesse et des Sports, Vanina Pommier, il a été question des prochains Jeux du Pacifique – Tahiti 2027, e det leur organisation dans un contexte de plus en plus compliqué depuis le retrait du projet de bassins éphémères pour les épreuve de natation.
« Ce qui se joue aujourd’hui autour des Jeux du Pacifique de 2027 est très préoccupant, voir même grave, pour tous nos athlètes, pour l’image de notre Pays », a commencé par déclarer le tavana de Rangiroa, avant d’ajouter:
« Ce qui devait être une fierté pour notre Pays, est en train de devenir un naufrage annoncé. Et cet échec, il porte une responsabilité claire : la vôtre. Prenons un exemple incontestable : la natation. Aujourd’hui, vous envisagez de faire nager les athlètes dans une piscine qui n’est pas aux normes internationales. C’est un aveu d’impuissance. Car pendant trois ans, vous avez détricoté, tergiversé, reculé… jusqu’à abandonner un projet pourtant prêt à démarrer. Oui, prêt ! Dès 2020, un centre aquatique moderne était entièrement planifié. Le calendrier était fixé, les études étaient faites. Le permis était déposé, les travaux pouvaient démarrer. La livraison était prévue ce semestre, un an avant les Jeux. Et contrairement à ce que vous avez laissé croire, le financement était maîtrisé : 2,9 milliards de francs pour le Pays, L’Etat garantissant l’autre moitié de l’investissement. C’était sécurisé, optimisé, allégé même grâce à un partenariat foncier exceptionnel avec le CAMICA.
Tout cela existait. Tout cela vous a été remis en 2023. Or, vous avez choisi de remettre aveuglément en cause ce que nous vous avons laissé. Résultat : aujourd’hui, vous nous proposez une solution au rabais. Une solution qui expose la Polynésie française à un désaveu international. Car non, il est inacceptable d’organiser des épreuves dans des infrastructures qui ont plus de 50 ans, vétustes et non conformes. C’est envoyer à tout le Pacifique le message d’un pays qui n’est pas prêt. Mais, le problème ne s’arrête pas là. La boxe est, elle aussi, menacée de sa participation aux Jeux. La Polynesian Boxing Association présidée par Tauhiti NENA n’est pas reconnue au niveau international par la World Boxing, et de ce fait non reconnue par le Comité international olympique (CIO) et le PGC. Pourtant, vous avez été alertés et vous avez quand même pris la décision d’attribuer la DSP à Tauhiti Nena.
Aujourd’hui, une mission urgente du Pacific Games Concil vient d’arriver à Tahiti. Quand le PGC se déplace dans l’urgence, ce n’est jamais anodin. Cela signifie une chose : la confiance avec le PGC est en train de se fissurer. Alors nous vous posons une question simple, mais essentielle : Est-ce que la natation, voire la boxe, risquent d’être écartées des Jeux ou bien sommes-nous en train d’assister, en direct, à la mise en péril de l’ensemble des Jeux de Polynésie de 2027 ? Nous attendons de vous que vous nous répondiez avec clarté, humilité et sans artifices. »
En réponse, la nouvelle ministre qui effectuait à Tarahoi son baptême du feu, a assuré la représentation territoriale que le gouvernement était « pleinement engagé dans la réussite des Jeux ». Vanina Pommier est ainsi longuement revenue sur les raisons ayant conduit à l’abandon des deux bassins mobiles qui devaient être implantés à Mamao, et de soutenir: « Comment pouvait-on investir 2,6 milliards sans garantie? » A ses yeux, aujourd’hui, elle comme son prédécesseur persistent à croire que « la piscine de Tipaerui est une option raisonnable » – elle s’en est d’ailleurs entretenue récemment avec le tavana de Papeete – et qu’il n’existe « aucune rupture de confiance avec le PGC ».
Il faut bien dire qu’à quatorze mois maintenant du coup d’envoi de l’événement régional, le gouvernement n’a pas d’autre alternative…
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