Comment faire mieux dans la gestion d’une nouvelle crise sanitaire ?…
La commission législative de la Santé présidée par Cathy Puchon se réunit demain matin, mardi 28 juillet 2026, pour faire un point sur la mise en oeuvre des conclusions de la commission d’enquête relative à la gestion de la crise sanitaire en Polynésie française.
A l’issue de cette commission d’enquête dont le rapport a été adopté par l’assemblée de la Polynésie française le 18 décembre 2023, il y a bientôt trois ans, quarante-neuf recommandations et préconisations, réparties en six thématiques, avaient été formulées par les élus, le but étant de limiter autant que faire se peut les conséquences (sanitaires, économiques et autres) d’éventuelles pandémies à venir.
Or, dans la note diffusée aux représentants sur laquelle ils devront débattre, il ressort que seulement onze des quarante-neuf recommandations ont, à ce jour, été pleinement mises en oeuvre, dix-sept autres étant en cours de réalisation. Ce qui constitue, à l’évidence, un maigre résultat au regard des attentes exprimées par la représentation territoriale.
Parmi les améliorations notables susceptibles d’élever le niveau de prise en charge des patients, prenons le cas de la recommandation n°21 visant à « augmenter le nombre de lits hospitaliers et de réanimation mobilisables rapidement et à prévoir les ressources humaines adéquates pour toutes les structures de santé publiques et privées ». Le rapport précise que des dispositifs exceptionnels avaient déjà été activés durant la crise Covid, à l’instar du Plan Blanc qui a permis une réorganisation rapide de l’offre de soins. En revanche, pour ce qui est de la constitution d’un stock suffisant d’équipement de protection individuelle (EPI), c’est la recommandation n°18, elle demeure « non réalisée ». Et pour cause, « un stockage massif et prolongé expose à la péremption rapide des équipements particulièrement en milieu tropical, avec un risque de non-conformité et de pertes financière », peut-on lire par ailleurs.
Le concours de la jeunesse
Au titre de la prévention, il est préconisé (recommandation n°31) une mobilisation croissante de la jeunesse en faveur des personnes fragiles et vulnérables. Cette mesure est en cours de mise en oeuvre dans le cadre du schéma directeur de la jeunesse pour la période 2025-2035. Plus concrètement, il devrait en découler la rénovation du statut du volontaires (vers un service civique et volontaire, attractif et indemnisé) ainsi que la création d’un corps de jeunes mentors âgés de 16 à 24 ans accompagnant les enfants et adolescents de 7 à 15 ans.
Enfin, la commission d’enquête avait plaidé pour un renforcement des budgets des fonds d'(action sociale du Pays et de la Caisse de prévoyance sociale. Ce à quoi il est rétorqué aujourd’hui que beaucoup a déjà été fait! Avant de préciser que dans le cadre de la crise de mars 2020, les crédits destinés aux actions sanitaires et sociales ont été abondés de 1,2 milliard de Fcfp dont 400 millions résultant de la seule hausse des allocations familiales de 10 000 à 15 000 FCfp. Sans parler du collectif n°3 de juillet 2020 grâce auquel les dispositifs Diese et Deseti (chômage partiel) ont été dotés de 6 milliards de Fcfp alors que le budget des CAE a été porté à près de 3 milliards de Fcfp.
Conclusion: aussi légitime que soit cette commission d’enquête, ce premier bilan vient confirmer – s’il en était besoin – que le précédent gouvernement d’Edouard Fritch n’est pas resté « les mains dans les poches » durant la crise du Covid-19 mais qu’il a bien pris la mesure du phénomène qui a impacté toutes les économies du monde. Sans exception.
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