21 octobre 2020

Retour sur les quinze films qui ont marqué la vie de Michel Piccoli

« Michel Piccoli s’est éteint le 12 mai dans les bras de sa femme Ludivine et de ses jeunes enfants Inord et Missia, des suites d’un accident cérébral », indique le communiqué de la famille transmis par Gilles Jacob, ami de l’acteur et ancien président du Festival de Cannes.

Révélé à l’âge de 38 ans, il avait donné la réplique à Philippe Noiret, Marcello Mastroianni, Annie Girardot et bien d’autres, tourné six fois avec Romy Schneider, foulé les planches d’innombrables théâtres, conquis des grands noms du cinéma comme Jean Renoir, Jean-Luc Godard, Luis Bunuel, Claude Sautet, Jacques Demy, même Alfred Hitchcock.

Retour sur quinze films phares de ce monument du cinéma français.

Le Mépris

Avec Le Mépris, Jean-Luc Godard révèle Michel Piccoli au grand public en 1963. Piccoli y donne la réplique à Brigitte Bardot, commentant son corps nu dans une scène devenue culte. Dans cette adaptation du roman d’Alberto Moravia, Piccoli campe le personnage d’un scénariste, Paul Javal, intimé de terminer le script d’un film à Capri. Mais alors qu’il laisse son épouse seule avec le producteur, celle-ci commence à le mépriser. Peu à peu, le couple se désagrège. Un classique, qui lance la carrière de l’acteur.

Cocinor France

Le Journal d’une femme de chambre

Dans les années 1930, une femme de chambre, Célestine (Jeanne Moreau), entre au service de la famille Monteil. L’épouse est hautaine, frigide et maniaque, le mari, lui, est obsédé sexuel. Quand une petite fille est retrouvée violée et assassinée, Célestine se lance dans une quête de justice. Luis Buñuel offre à Piccoli le rôle d’un M. Monteil dérangeant dans un drame cynique, qui a su, depuis 1964, conserver toute sa modernité.

Carlotta Films

Compartiment tueurs

Costa-Gavras signe en 1965 ce film policier éprouvant, huis-clos dans un train de nuit Marseille-Paris où des passagers sont retrouvés assassinés dans leur compartiment. Le rôle de Michel Piccoli, secondaire, lui permet de côtoyer Yves Montand, Jacques Perrin, Pierre Mondy ou encore Simone Signoret et le film, à la distribution impressionnante, s’exporte avec succès aux Etats-Unis.

Fox France

Dom Juan ou le Festin de pierre

Dans cette nouvelle adaptation de Dom Juan ou le Festin de pierre de Molière, diffusé à la télévision en 1965, le personnage éponyme (Piccoli) se montre plus blasphématoire que séducteur, et son valet Sganarelle (Claude Brasseur), impuissant. Dom Juan ne craint ni Dieu, ni son destin. Marcel Bluwal, à la réalisation, propose une version de la pièce de Molière toute en sobriété, entre téléfilm et théâtre filmé.

Arcades / Ina

Les Demoiselles de Rochefort

Changement de registre avec cette comédie musicale culte signée Jacques Demy, qui met en scène les jumelles Delphine et Solange (Catherine Deneuve et Françoise Dorléac) à la recherche de leur idéal masculin. Piccoli y interprète Simon Dame, gérant d’un magasin de musique et ex-amant de la mère des jumelles, Yvonne (Danielle Darrieux). Une bouffée d’air frais, qui n’a pas pris une ride depuis 1967.

Ciné-Tamaris

Belle de jour

Le film explore la recherche du plaisir de Séverine (Catherine Deneuve), épouse sexuellement insatisfaite qui, pour assouvir ses fantasmes sadomasochistes et sa soif de nouvelles expériences, devient « belle de jour » dans une maison de passe de luxe. Piccoli campe Henri Husson, ami du mari de Séverine et initiateur malheureux de sa transformation. Luis Buñuel, en 1967, brosse le portrait d’une Madame Bovary des temps modernes.

Carlotta Films

L’Étau

En 1962, au Danemark, des agents américains organisent l’évasion d’un haut fonctionnaire russe qui détient des informations sur des missiles soviétiques livrés à Cuba. Dans cette production américaine d’Alfred Hitchcock, Piccoli interprète Jacques Granville, chef d’une organisation pro-soviétique (« Opale »). Un film d’espionnage inhabituel pour le maître du suspense, qui recevra en 1969 des critiques mitigées.

Universal

Les Choses de la vie

Victime d’un accident de la route, Pierre (Michel Piccoli), dans le coma, se remémore Les choses de la vie, parmi lesquelles sa relation avec deux femmes : son épouse Catherine dont il est séparé et Hélène (Romy Schneider, dans sa première collaboration avec Claude Sautet). Un film onirique qui inaugure en 1970 ce qui deviendra la marque de fabrique de Claude Sautet : des portraits plus intimes, loin des polars qu’il réalisait jusqu’alors.

Les Acacias

Max et les Ferrailleurs

Un an après Les Choses de la vie, Piccoli collabore à nouveau avec Claude Sautet, cette fois-ci dans le rôle d’un inspecteur de police, Max. Obsédé par l’arrestation des malfaiteurs et rongé par ses échecs, il manipule Abel, un « ferrailleur » qui pille les chantiers de construction, pour le prendre en flagrant délit et l’arrêter. Mais sa rencontre avec Lily (Romy Schneider), une prostituée et la compagne d’Abel, va tout changer. Un des films majeurs du comédien et de Sautet.

CFDC

La Grande Bouffe

Dans cette satire du consumérisme, quatre amis gourmets (Michel Piccoli, Marcello Mastroianni, Philippe Noiret et Ugo Tognazzi), rejoints par Andréa Férréol, décident d’organiser le plus décadent des festins et de manger jusqu’à la mort. Marco Ferreri déclarait vouloir montrer la part animale de l’homme à travers cette histoire controversée. En 1973, au Festival de Cannes, le film ne récoltera que des sifflements et fut à l’origine du plus grand scandale que connût la Croisette. Aujourd’hui, il est culte.

PlanFilm

Vincent, François, Paul… et les autres

Vincent (Yves Montand), François (Michel Piccoli) et Paul (Serge Reggiani), amis de longue date, se retrouvent régulièrement avec d’autres copains parmi lesquels Jean, boxeur perdu (Gérard Depardieu). Les uns et les autres traversent des périodes de transitions et de désillusions… jusqu’au jour où Vincent est victime d’une crise cardiaque. Un « film de copains » où Claude Sautet dépeint avec justesse la vie de quadragénaires lambda en 1974, avec une distribution cinq étoiles.

Gaumont

Sept morts sur ordonnance

A Reims, en 1952 et en 1969, deux médecins abattent leur famille avant de se suicider, victimes de chantage et de calomnies par leurs confrères. Inspiré par ce fait-divers tragique, Jacques Rouffio réalise Sept morts sur ordonnance six ans plus tard, pour lequel il sera nommé à la première cérémonie des César pour le meilleur film en 1976. Et pour interpréter les deux médecins, clermontois cette fois-ci, deux géants s’imposent : Piccoli et Depardieu.

AMLF (Paris)

Milou en mai

Mai 1968. Après le décès soudain de sa mère, Milou convoque sa famille. Rivalité et jalousie s’exacerbent sur fond de crise sociale estudiantine, alors que l’enterrement peine à s’organiser… Dans le rôle-titre, Piccoli donne la réplique à Miou-Miou. Louis Malle offre également son premier rôle à Valérie Lemercier en 1990. Un film qui a valu à Piccoli une nomination au César du meilleur acteur.

Pyramide Distribution / Ina

Habemus Papam

« Le pape est mort, un nouveau pape est appelé à régner », écrivait Prévert. Mais sa nomination, le cardinal Melville (Piccoli) n’en veut pas. Crise identitaire ? Dépression ? Comment faire en sorte que le cardinal accepte ses nouvelles fonctions ? Le film de Nanni Moretti est aussi émouvant que drôle, prophétique pour certains : deux ans après sa sortie, Benoît XVI renonçait à sa charge.

Le Pacte

Holy Motors

Quelques heures dans l’existence de Monsieur Oscar (Denis Lavant) et ses multiples facettes. Michel Piccoli, dans le rôle de « l’homme à la tache de vin », y partage l’affiche avec des artistes aussi divers qu’Eva Mendes, Edith Scob ou Kylie Minogue. Holy Motors est un OVNI du cinéma, une déclaration d’amour au métier d’acteur qui marque le retour de Leos Carax derrière la caméra, treize ans après Pola X en 1999.

Les Films du Losange

Source: Yahoo actualités

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