Un texte attentatoire aux libertés individuelles
Nouvelle déconvenue pour le gouvernement Brotherson qui s’est vu dans l’obligation en l’absence de majorité, ce jeudi matin à l’assemblée, de retirer son projet de loi du pays portant modification du chapitre III du titre III du livre I de la partie VIII du code du travail relatif à l’accès aux documents.
« Ce texte est mauvais (…) il serait plus sage de le retirer et de le retravailler… », avait déclaré quelques minutes plus tôt le représentant non-inscrit, Nuihau Laurey, pour qui il ne fait aucun doute que ce projet de loi du pays est profondément « attentatoire aux libertés individuelles ».
Proposé par la ministre du travail, Vannina Crolas, il devait permettre aux agents de la direction du travail et à ses agents assermentés de disposer des mêmes prérogatives que leurs collègues de la Caisse de prévoyance sociale (CPS) ou de la direction des impôts (DICP) en matière d’accès aux documents et autres informations strictement nécessaires dans le cadre de contrôles sur le terrain.
Or, un tel flicage instauré par les pouvoirs publics n’a pas été du goût d’une majorité d’élus à Tarahoi. Et pour cause, l’initiative gouvernementale ne s’attaque pas aux racines du travail au noir, celles-ci étant plutôt à rechercher du côté d’un surcroît de charges sociales qui nuisent gravement à l’activité en Polynésie française.
Alors que les échanges s’éternisaient bien au-delà de la pause déjeuner, le président du Pays a donc pris de lui-même la décision de siffler la fin de la récréation en décrétant le retrait du texte.
Illustration: DR
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